Immigration : "On ne peut pas condamner des personnes juste pour la couleur de peau”

“Sur les 318 000 migrants irréguliers qui bénéficient de l’Aide médicale d’Etat (AME), certains sont là depuis une dizaine d’années. Chaque année, ils sont entre 30 000 et 40 000 migrants qui arrivent”, assure Hervé Le Bras sur franceinfo mercredi 16 décembre. “On parle toujours des arrivées, mais jamais des départs. Or, ils sont très nombreux. Il y a une très grande migration de Français vers l’étranger. En 2018, 230 000 Français résidents avaient quitté la France”, fait remarquer le démographe, auteur du livre Serons-nous submergés ? Cédric Herrou, maraîcher dans les Alpes-Maritimes et voyageant souvent en Italie, a pu détourner le regard en croisant sur sa route des personnes qui avaient franchi la frontière. “On se retrouve à avoir peur de personnes qui sont de couleur noire. Pourquoi en fait ? Parce qu’on se fait matraquer la tête”, affirme-t-il après avoir aidé des migrants en difficulté en France et condamné plusieurs fois pour cela avant d’obtenir le principe de solidarité. "Les pauvres ne peuvent plus venir " “Moi je n’ai aucun pouvoir pour savoir quelle est la situation régulière ou irrégulière des personnes, c’est à la police de le faire, mais on ne peut pas condamner des personnes juste pour la couleur de peau”, martèle l’auteur du livre Change ton monde dans le 23h. “Dans les années 70, on allait recruter des étrangers pour leur force physique, mais maintenant, ce sont des urbains diplômés qui viennent. C’est tout à fait différent. Les plus pauvres ne peuvent plus venir”, conclut Hervé Le Bras.