Immigration: Emmanuel Macron contredit par l'aile gauche de LREM

Astrid de Villaines
Sonia Krimi, députée LREM de la Manche, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale, 2017

MAJORITÉ - “Je n’ai pas pu assister malheureusement à ce discours clairvoyant et visionnaire...” Le ton est mi-ironique, mi-désabusé. Sonia Krimi, députée La République en Marche, naturalisée française en 2012, n’est pas “blessée” par les propos d’Emmanuel Macron prononcés lundi 16 septembre devant les parlementaires de la majorité, “j’ai dépassé le stade d’être blessée” - mais elle trouve ce discours “redondant”.

“La politique, c’est l’art de répéter la même chose tout le temps, c’est épuisant. Depuis vingt ans, à chaque fois qu’il y a un petit problème de crise, que les déficits se creusent, que les indicateurs ne sont pas assez bons, on parle de l’immigré. Sauf que l’immigré, c’est lui qui fait notre ménage, qui est notre taxi, notre gardien, qui est député ou qui est médecin. L’immigré est un français d’abord”, lâche la députée de la Manche, en désaccord “total” avec les mots utilisés par Emmanuel Macron qui “créent la confusion entre les demandeurs d’asile et les millions de Français issus de l’immigration”.

Avec l’aile gauche du parti majoritaire, Sonia Krimi a co-signé une tribune sur “l’immigration du 21e siècle” pour “une intégration réussie dans les territoires”. Elle revendique une trentaine de signatures et d’autres qui pourraient s’y ajouter en vue du débat consacré à ce sujet au Parlement les 30 septembre et 2 octobre. Tous mettent en garde contre un débat qui “ne doit pas servir de marche-pied à ceux [...] qui cherchent à cristalliser les haines sur tous les citoyens de confession musulmane”.

Dans les jardins du ministère des Relations avec le Parlement où était organisé ce rendez-vous de rentrée, devant environ 200 élus, le président de la République a...

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