Quand Ikea se fournit chez des sous-traitants ayant recours au travail carcéral en Biélorussie

Photo MATHIEU THOMASSET/Hans Lucas via AFP

Le quotidien conservateur polonais Rzeczpospolita se fait l’écho de l’enquête récemment publiée par le média d’investigation Disclose révélant que le fabricant de meubles Ikea aurait eu recours au travail forcé dans les prisons biélorusses pendant de nombreuses années.

“Des fournisseurs d’Ikea coopéraient avec au moins cinq prisons ou colonies pénitentiaires en Biélorussie” jusqu’à la guerre en Ukraine, écrit la publication, qui ajoute : “La coopération a duré si longtemps qu’Ikea ​​devait forcément être au courant d’où venait ce bois biélorusse si bon marché”.

“Go Belarus”

L’idylle entre l’entreprise d’origine suédoise mais dont le siège social se trouve à Delft, aux Pays-Bas, et la dictature d’Alexandre Loukachenko a officiellement commencé en 1999, a établi Disclose, cité par Rzeczpospolita. “En une vingtaine d’années, l’État biélorusse, propriétaire de toutes les forêts du pays, est devenu le deuxième fournisseur de bois de l’entreprise, après la Pologne, et l’un de ses fournisseurs bon marché”, poursuit le journal.

La stratégie mise au point par le régime, baptisée “Go Belarus”, aurait permis au fabricant de tripler ses achats en Biélorussie, “passant de 130 millions d’euros de commandes en 2018 à 300 millions d’euros en 2021”, selon Disclose. La répression n’a pourtant jamais cessé de s’intensifier en Biélorussie après les élections frauduleuses de 2020.

Plus de 1 400 prisonniers politiques sont actuellement enfermés dans les établissements pénitentiaires du pays. Quant aux médias indépendants, partis politiques ou ONG, ils ne peuvent qu’opérer dans le plus grand des secrets et la plupart sont en exil. “La répression des personnes et la brutalité du régime, qui exécute des condamnés à mort en leur tirant une balle dans la tête ou qui a permis de détourner un vol Ryanair pour arrêter un journaliste en mai 2021, n’ont eu aucun impact”, note le journal polonais.

Les nombreux signalements d’Anaïs Marin, la rapporteuse spéciale des Nations unies sur la situation des droits de l’homme en Biélorussie, n’y ont rien fait non plus, déplore Rzeczpospolita.

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