Idriss Déby et la France : la diplomatie en treillis

Par Christian Bouquet* pour Theconversation.com
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Idriss Déby, en treillis, accueille Hervé Morin, alors ministre français de la Défense, le 6 février 2008 à N'Djamena. 
Idriss Déby, en treillis, accueille Hervé Morin, alors ministre français de la Défense, le 6 février 2008 à N'Djamena.

Pour les défenseurs de la démocratie et des droits de l'homme, c'est un dictateur qui vient de mourir. Mais pour d'autres ? et parfois les mêmes ?, c'est un officier héroïque qui a été tué au combat. Tous s'accorderont néanmoins à dire qu'il est rare qu'un chef d'État perde la vie en combattant les armes à la main contre une armée hostile, dans une version moderne de la guerre en 4 X 4.

La personnalité profonde d'Idriss Déby s'est probablement révélée quand il est tombé au front, dont l'Histoire nous dira si c'était un champ d'honneur. Et cet événement peut aider à comprendre les relations ambiguës entretenues par le maréchal tchadien et la France. L'hypothèse que nous retenons est que la figure du guerrier respecté par les militaires français et le savoir-faire de son armée dans la lutte antiterroriste au Sahel l'ont emporté sur les réserves formulées par la diplomatie civile à propos de son mode de gouvernance.

Le prestige du guerrier

Commençons par le commencement : Idriss Déby était issu de ces groupes de populations nomades qui avaient donné beaucoup de fil à retordre aux colonisateurs français lorsque ceux-ci avaient entrepris de « pacifier » la zone saharo-sahélienne. Son clan zaghawa était proche des Toubous du Tibesti, ces « nomades noirs » si bien décrits par l'ancien officier méhariste Jean Chapelle dont on a oublié qu'il était resté préfet de Largeau (aujourd'hui Faya) jusqu'en 1963, soit trois ans après l'indépendance du Tchad.

D'ailleurs, il eût [...] Lire la suite