En Île-de-France, des exorcistes religieux inquiètent les autorités

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Healing bloodletting, hijama or phlebotomy. Hajam master conducts cupping therapy on a young woman. Islamic medicine (Getty Images/iStockphoto)

Le Parisien dévoile les premiers extraits d’un rapport qui alerte sur des dérives d’exorcisme dans certaines villes.

La Hijama préoccupe les autorités. Ce terme, peu connu du grand public, désigne des saignées réalisées au scalpel laissant des plaies à vifs où sont ensuite déposées des ventouses. Des pratiques dans le viseur de la Direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) et de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires (Miviludes) comme le rapporte Le Parisien. Cette médecine prophétique permettrait de combattre le mal et la sorcellerie. Des pratiques qui fleurissent en Île-de-France sous des noms variés comme ventousothérapie ou cupping thérapie.

Si la Miviludes dénonce une méthode à la croisée de “la sorcellerie, et du charlatanisme”, les services de renseignements dénoncent eux “de la radicalisation et du séparatisme”. Le docteur en science politique et chercheur au CNRS Bilel Ainine, auteur de l’enquête commandée par la Miviludes intitulée “Nouvelles dérives sectaires sous couvert de pratiques rigoristes en islam”, dénonce “certaines pratiques déviantes portées par des actions religieuses aux agissements douteux”. Comme le rapporte le quotidien, le rapport détaille que les commerçants “profitent de l'attrait exercé par cette offre thérapeutique médico-spirituelle en proposant des formules qui, en plus d'être le plus souvent en rupture avec les rituels traditionnels de l'islam en la matière, recèlent des pratiques déviantes qui relève du pénal”. Des agissements “souvent réalisés sous le couvert d'un supposé rigorisme religieux, qui tendent à se banaliser grâce à une pratique de plus en plus professionnalisée”. Des séances au paiement libre mais dont les dons en liquide se situent souvent entre 50 et 100 euros.

Des formations à près de 1 000 euros

Des cabinets organisés se sont développés principalement en Seine-Saint-Denis et, notamment, à Saint-Ouen, Neuilly-sur-Marne, La Courneuve, Epinay-sur-Seine ou encore Sevran. Un réseau parfaitement organisé comme l’explique un agent du renseignement cité par Le Parisien : “Plusieurs dizaines de négoces de ces pratiques ont pignon sur rue, sans compter les nombreux particuliers et les centres de formation”. Il évoque une pratique “commerciale, communautaire, en lien avec le séparatisme et particulièrement prisée par les femmes mais qui n'est pas nécessairement en lien avec la radicalisation”.

Il existerait également des séances de formation où certains payent jusqu’à 1 000 euros pour obtenir un faux certificat de praticien. Interrogée par Le Parisien, Anne Josse, secrétaire générale de la Miviludes, appelle à “la vigilance” et dénonce des pratiques qui tendent “à se banaliser en raison d'un regain d'intérêt pour les rituels magico-religieux et d'une forte demande du public”.

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