Identification du "Grêlé": ces grands dossiers criminels encore non élucidés en France

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La tuerie de Chevaline, perpétrée le 5 septembre, avait coûté la vie à quatre personnes. - -
La tuerie de Chevaline, perpétrée le 5 septembre, avait coûté la vie à quatre personnes. - -

Après 35 ans de recherches acharnées, le "Grêlé", soupçonné de cinq meurtres entre 1986 et 1994, a enfin un visage: celui de François Vérove, 59 ans. Suite à son suicide, l'ADN a permis de relier cet ancien gendarme au parcours criminel du "Grêlé".

De nombreuses autres affaires criminelles restent aujourd'hui en suspens en France. BFMTV en rappelle ici quelques-unes.

La tuerie de Chevaline, un casse-tête policier

De nombreuses théories ont été échafaudées quant à cette tuerie. Le 5 septembre 2012, un cycliste qui fait une balade sur les hauteurs du lac d'Annecy découvre les corps de quatre personnes, abattues par balles. Trois membres de la famille Al-Hilli, des Britanniques d'origine irakienne, gisent dans la voiture et un cycliste a été abattu à côté du véhicule. Deux petites filles âgées de 4 et 7 ans sont blessées. La plus jeune restera cachée, prostrée dans les jambes de sa mère pendant plus de 8 heures, avant que les enquêteurs ne la remarquent.

Les policiers suivent de nombreuses pistes: celle d'un 4x4 britannique qui a été signalé sur la route ce jour-là, d'un motard contrôlé à proximité de la tuerie, d'un original de la région... Il y a encore quelques jours, les enquêteurs ont bouclé le périmètre afin de reconstituer le parcours du tueur. Mais jusqu'ici, aucune n'a pu apporter de dénouement à cette affaire.

L'affaire Dupont-de-Ligonnès, un suspect introuvable

Le 21 avril 2011, les corps d'Agnès, la mère, et ses quatre enfants Arthur, Thomas, Anne et Benoît sont retrouvés sous la terrasse de la maison. Ils ont été abattus puis recouverts de chaux vive. Les assassinats ont eu lieu du 3 au 6 avril.

Le père de famille, Xavier Dupont-de-Ligonnès est le principal suspect de cette tuerie. Il avait accumulé de très lourdes dettes avant de disparaître définitivement le 15 avril 2011 à Roquebrune-sur-Argens dans le Var, six jours avant la découverte des corps. Depuis, les enquêteurs continuent inlassablement à le chercher. Ils auraient suivi plus de 1000 pistes dans l'espoir de le retrouver, même s'il est possible que l'homme se soit depuis suicidé.

L'affaire Grégory, un fait divers ultra-médiatisé

Il s'agit probablement du fait divers qui a le plus marqué la France. Le 16 octobre 1984, le petit Grégory Villemin est retrouvé mort, pieds et poings liés, dans la Vologne, une rivière des Vosges. Le meurtre de cet enfant de 4 ans, enlevé au domicile familial, est revendiqué par un corbeau qui harcèle la famille depuis des années.

Au cours des décennies qui vont suivre, les enquêteurs tenteront en vain d'identifier l'auteur ou les auteurs de ces lettres. Bernard Laroche, le cousin de Jean-Marie Villemin (père de Gregory) est accusé par les enquêteurs dès 1984 sur les déclarations de Murielle Bolle. La jeune fille, alors âgée de 15 ans, se rétracte ensuite et son beau-frère est libéré. Fou de chagrin, Jean-Marie Villemin abat son cousin d'une balle de fusil de chasse.

D'autres hypothèses seront ensuite suivies, notamment celle de la mère de Grégory, aujourd'hui complètement innocentée. L'affaire rebondit régulièrement depuis. En mars 2021, une enquête de stylométrie conclut que les lettres du corbeau sont le fait de cinq auteurs différents dont, probablement, Jacqueline Jacob. Près de 40 ans après le drame, le meurtre du petit Grégory reste un mystère.

Estelle Mouzin, toujours portée disparue

Le 9 janvier 2003, Estelle Mouzin disparaît mystérieusement alors qu'elle rentrait de l'école à Guermantes, en Seine-et-Marne. La piste du tueur en série Michel Fourniret, un temps considérée, est écartée à cause d'un alibi: il aurait appelé son fils depuis son domicile au moment de la disparition de la fillette.

18 ans plus tard, en janvier 2020, son ex-épouse, Monique Olivier, l'accuse: il aurait enlevé, séquestré, violé puis tué l'enfant. En mars 2020, Michel Fourniret avoue. Mais l'Ogre des Ardennes est mort en mai dernier, sans donner de précision sur le lieu où est enterré le corps d'Estelle Mouzin.

D'après Monique Olivier, la petite fille aurait été enterrée dans le bois d'Issancourt-et-Rumel, dans les Ardennes. Les nombreuses fouilles organisées dans cette zone depuis se sont toutes révélées infructueuses jusqu'ici.

L'affaire Seznec, l'une des plus vieilles

L'histoire remonte à mai 1923. Guillaume Seznec et Pierre Quéméneur montent sur Paris afin de vendre une torpédo Cadillac. Seul le premier rentre à Morlaix deux jours plus tard. La famille de Pierre Quéméneur reçoit un télégramme daté du 13 juin les rassurant un temps. Mais le négociant ne réapparaît pas.

Les soupçons se portent donc sur Guillaume Seznec. L'enquête montre que le télégramme du 13 juin est un faux qu'il aurait envoyé lui-même du Havre et, de plus, les policiers retrouvent une promesse de vente faite par la disparu au suspect. Inculpé, Guillaume Seznec envoie des messages à sa femme, lui demandant de trouver des faux témoignages en sa faveur.

Il sera condamné aux travaux forcés à perpétuité sans que les enquêteurs n'obtiennent d'aveux ou ne retrouvent le corps de la victime. Depuis, des dizaines de théories ont été envisagées comme celle d'un homicide involontaire. Ou encore, en 2018, une habitante de la commune à l'époque des faits raconte qu'un autre homme était le véritable meurtrier de Pierre Quéméneur et que son père l'avait aidé à déplacer le corps. 99 ans après l'affaire, il est cependant peu probable que l'affaire soit un jour élucidée avec certitude.

Article original publié sur BFMTV.com

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