Pour Sama : «Au-delà de la Syrie, ce film provoque des larmes universelles»

Tranchant, Marie-Noëlle
/ ITN Productions

INTERVIEW - Œil d’or du meilleur documentaire à Cannes, le documentaire de Waad el-Kateab raconte les années de révolution et de guerre vécues par la jeune réalisatrice syrienne à Alep.

À 18 ans, alors étudiante en économie, Waad el-Kateab a commencé à filmer la rébellion contre le régime et sa répression sanglante. Ses images postées sur Internet ont été diffusées sur Channel 4 au fur et à mesure, avant de devenir, avec la collaboration du documentariste britannique Edward Watts, un témoignage terrible et poignant sur le siège d’Alep.

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Adressé à la fille de la réalisatrice, Sama, née sous les bombardements en janvier 2016, Pour Sama est aussi une histoire d’amour et de bravoure, et un hymne à la vie.

LE FIGARO - Vous étiez une étudiante engagée?

WAAB AL-KATEAB - Je n’étais pas politisée, en 2012, parce qu’il n’y avait pas de politique possible à l’époque, aucune liberté, aucun moyen de s’engager. Les rares choses qui apparaissaient étaient des graffitis sur les murs, mais comme disait l’un d’eux, le changement est un rêve et gare au réveil… La politique ne pouvait être que l’affaire très secrète de quelques gens courageux, ou alors on envisageait le départ en exil comme le seul moyen de s’opposer au régime. Et soudain, avec le Printemps arabe, on a senti que nous étions syriens, et qu’on pouvait agir dans notre pays.

Avez-vous tout de suite décidé de filmer?

J’ai commencé à filmer avec un téléphone portable et graduellement je suis passée à la caméra numérique. Mais je ne me suis jamais sentie journaliste. Je réagissais uniquement à la situation et je cherchais ce qui était important ou non pour la montrer. C’est quelque chose que je sentais spontanément. On ne savait rien, mais on a oublié toute crainte pour lutter contre la dictature, et filmer était le moyen immédiat de la dénoncer. Je n’ai plus arrêté de filmer jusqu’à l’exode d’Alep en décembre 2016.

On voit le moment terrible où on ramène les corps de manifestants (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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