L'Ange de Luis Ortega, un Mesrine angélique argentin

Delcroix, Olivier
Lorenzo Ferro incarne le serial killer argentin. / Kramer & Sigman Films

VIDÉO - Le cinéaste argentin Luis Ortega filme une épopée sanglante avec finesse et un grain de folie. Le jeune acteur qui incarne le serial killer argentin, Lorenzo Ferro, crève l'écran.

Un jeune homme en blue-jean, chevelure blonde bouclée, se promène dans les rues ensoleillées de Buenos Aires dans les années 70. C'est presque un enfant, on lui donnerait le bon Dieu sans confession. Lippe boudeuse, regard bleu lagon, sourire d'un innocent putto, il escalade nonchalamment la grille d'une demeure cossue donnant sur la mer et y entre par effraction, comme par magie. Les rideaux s'envolent dans la brise marine, il est là dans ce salon orangé typique de ces années-là. Une voix off précise comme une sorte d'excuse définitive: «Je suis né voleur.»

Apparemment, le jeune héros n'éprouve aucune culpabilité. Il se verse un whisky, monte à l'étage, subtilise un bijou, redescend, se déchausse, met en marche la platine stéréo et se lance dans un rock endiablé, seul dans la maison, libre comme l'air, inconscient et amoral, comme un Petit Prince tombé sur terre pour faire le mal.

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Le cinéaste argentin Luis Ortega, qui était pour la première fois à Cannes dans la section Un certain regard, s'empare de lui avec une forme de délicatesse vorace. Le personnage a réellement existé. Carlos Eduardo Robledo Puch a commis quarante attaques à main armée et tué onze personnes. Il purge en Argentine la peine de prison la plus longue qui soit, c'est-à-dire quarante-six ans d'enfermement. Une sorte de Mesrine angélique, qui s'est taillé une vie de braquage et de crime, digne de Bonnie and Clyde.

Charme androgyne

Ortega filme cette épopée sanglante avec finesse, et un grain de folie. Le jeune acteur qui incarne ce serial killer argentin, Lorenzo Ferro, crève l'écran. Il dégage un trouble certain. Son charme androgyne attire autant les femmes que les hommes. Avant tout, Luis Ortega sait (...) Lire la suite sur Figaro.fr

Lorenzo Ferro, l'ange blond exterminateur qui venait d'Argentine 
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