Deux moi : chacun cherche son âme sœur

Simon, Nathalie
Dans «Deux moi», Mélanie (Anna Girardot) et Rémy (François ­Civil) ont des choses à ­régler avec eux-mêmes. / Emmanuel Jacobson Roques/Ce qui me meut

CRITIQUE - Cédric Klapisch préside aux destinées de deux personnages solitaires, qui déambulent dans la ville sans se rencontrer. Bien vu.

Ne pas se fier au titre un peu alambiqué du film de Cédric Klapisch. Concentrons-nous plutôt sur son histoire pleine de bienveillance et de tendresse pour ses protagonistes comme souvent dans les œuvres du réalisateur du Péril jeune. Mélanie (Anna Girardot) dort beaucoup. Trop. Rémy (François Civil), très peu. Il est presque insomniaque. Elle a du mal à se réveiller, il a du mal à s’endormir. Pianoter sur des écrans ne les aide pas.

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Chacun a des raisons d’être mal que l’autre ne connaît pas. Ils se croisent dans les rues et le métro parisien. Sans se voir. Préoccupé par un quotidien qui ne les intéresse pas. Et ne suffit pas à les sortir de leur petit chez-eux. De leur appartement situé sous les toits, ils ont vue sur la capitale. Contemplent à la nuit tombée les lumières de la ville.

Encouragés par leurs proches, chacun de leur côté, Mélanie et Rémy décident de voir «quelqu’un». Mélanie, une psychanalyste (Camille Cottin décalée à souhait). Rémy, un psychothérapeute (François Berléand qui s’est visiblement beaucoup amusé à camper ce personnage compréhensif).

Jolies scènes

Cédric Klapisch déroule le fil de deux existences solitaires dans l’anonymat d’une grande ville. Égratignant au passage les réseaux sociaux. Mélanie et Rémy consultent beaucoup les sites de rencontres. Sans grand succès. Ils ne s’épanouissent pas dans leur travail.

«Il faut trouver le problème», répète la psy de Mélanie. «Faites confiance à la vie», suggère celui de Rémy. Leurs patients ont des choses à régler avec eux-mêmes. Cédric Klapisch sait saisir l’essentiel, donner de l’espoir également. Ses personnages sombrent, mais s’en sortiront. C’est sûr. Cette certitude donne lieu à de très jolies scènes. Sa distribution est digne de celle d’un Joël Pommerat au théâtre. Elle ressemble (...) Lire la suite sur Figaro.fr

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