Hyperandrogénie: l'athlète nigérienne Aminatou Seyni privée des JO de Tokyo

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Aminatou Seyni, sprinteuse nigérienne qualifiée pour Tokyo 2020 sur 200m, doit faire une croix sur le rendez-vous Japonais. Visée par le règlement de la fédération internationale d'athlétisme sur l'hyperandrogénie, elle refuse de prendre un traitement médicamenteux pour faire baisser son taux de testostérone.

Les Jeux olympiques d'été 2020, prévus à Tokyo du 30 juillet au 8 août 2021 (décalés d'un an en raison de la pandémie de Covid-19), se feront sans Aminatou Seyni. La Nigérienne devait pourtant s'aligner sur 200m au Japon. Mais l'information est tombée durant le week-end : l'athlète de 24 ans renonce au rendez-vous planétaire.

« Je ne peux pas prendre des médicaments que je ne connais pas »

Selon le vice-président du Comité national olympique du Niger et chef de la délégation nigérienne, Aminatou Seyni ne pourra pas faire le voyage à Tokyo cet été en raison des règlements de la fédération internationale d'athlétisme (IAAF). Comme la Sud-Africaine Caster Semenya, et comme c'était déjà le cas pour elle en 2019, la « Gazelle du désert » est victime des règles autour de l'hyperandrogénie. Aminatou Seyni assure qu'on voulait la contraindre à prendre des produits pour baisser son taux de testostérone, ce qu'elle a refusé.

« Ils m'ont demandé de prendre quelques médicaments. J'ai dit que je ne pouvais pas prendre des médicaments que je ne connais pas. C'est délicat, je ne peux pas prendre ce que je ne connais pas », explique-t-elle au micro de RFI à Niamey.

Rendez-vous à Paris en 2024

L'incompréhension est totale, car les règlements de l'IAAF sur l'hyperandrogénie ne sont censés concerner que les épreuves du 400m et du 800m. C'est d'ailleurs pour cela qu'Aminatou Seyni avait décidé, en 2019, de passer du 400m au 200m. Elle a persévéré dans cette voie pour les JO 2020. « J'ai décidé de faire le 100m et le 200m pour éviter ces problèmes, et de ne pas faire le 400m », rappelle-t-elle.

La voilà pourtant bien privée de sa place pour Tokyo. Choquée, déçue, la Nigérienne veut quand même tourner la page au plus vite et se concentrer sur les prochains Jeux olympiques, ceux de Paris en 2024. Une échéance qu'elle espère pouvoir préparer sereinement cette fois.