Publicité

Hymnes, arbitrage, accusations de racisme… Ces polémiques qui ont marqué la Coupe du monde de rugby 2023

À chaque compétition internationale ses polémiques. Et à ce petit jeu-là, la Coupe du monde de rugby 2023 n'a pas été en reste. Des tous premiers instants à la dernière semaine, retour sur ces polémiques qui ont émaillé la compétition.

· Une cérémonie d’ouverture trop franchouillarde

Cela semble remonter à un temps très lointain: la Coupe du monde a débuté il y a sept semaines, le 8 septembre dernier, par une cérémonie d’ouverture très "française" avant le choc France-Nouvelle-Zélande (27-13). Jean Dujardin y était la tête d’affiche dans le rôle d’un boulanger amoureux d’une costumière (jouée par la danseuse étoile Alice Renavand) au cœur d’un grand tableau impliquant notamment un coq, dont l’interprétation à laisser coi de nombreux téléspectateurs. Un amoncellement de clichés pour certains, dont s’était défendu Jean Dujardin quelques jours plus tard sur les réseaux sociaux.

"Nous sommes effectivement aussi le pays du béret, de la gastronomie, de la culture, de l’éducation, n’en déplaise à certains", s’était-il défendu.

"Le second degré que j’ai toujours aimé manier n’a pas été compris et je le regrette." Même l’acteur interprétant le "coq" de la cérémonie d’ouverture (Éric Massot) s’était exprimé. "Le lendemain, j’étais même un peu déstabilisé, je ne vous le cache pas", avait-il confié dans Rugbyrama. Certains ont aimé, d’autres pas du tout. (…) Ça a alimenté le buzz, comme on dit. Et moi, ça m’a fait rire... La récupération politique dont a fait l’objet la cérémonie d’ouverture m’a semblé un peu surréaliste."

· Des sifflets pour Macron

Quelques instants après cette cérémonie d’ouverture, Emmanuel Macron, président de la République, avait reçu une grosse bronca du public du Stade de France au moment de son discours. La séquence avait provoqué de nombreuses réactions politiques notamment venues de l’opposition qui avait lié cette gronde à la colère provoquée par la réforme des retraites et le recours à l’article 49.3 de la Constitution.

· Le fiasco des hymnes en canon

Une troisième et dernière polémique avait éclaté avant même le coup d’envoi du premier match de la compétition, ce même soir: l’interprétation des hymnes par la chorale d’enfants "La Mêlée des chœurs". Sa reprise en canon avait provoqué une immense cacophonie avec les chants des supporters rendant La Marseillaise inaudible.

Le sujet est rapidement devenu sensible après de nouvelles interprétations ratées. Il a poussé le comité d’organisation, encouragé par le ministère des Sports, à revoir sa copie et à trancher pour la fin de l’interprétation par les chorales sur la pelouse et la diffusion de bandes audio enregistrées. Un travail titanesque pour les enfants de la Mêlée des chœurs, mais qui a su contenter son monde.

· De gros problèmes d’accès au stade... où la bière se fit rare

Des couacs qui tombent très mal à un an des Jeux olympiques de Paris et un an après le fiasco de la finale de la Ligue des champions au Stade de France. Deux gros problèmes d’accès au stade ont plombé le premier week-end du Mondial: à Marseille, plusieurs milliers de spectateurs ont ainsi manqué les premières minutes du match face à l’Argentine (27-10) en raison d’une mauvaise gestion des flux, de l’absence d’une communication claire et de problèmes techniques. Les fans avaient aussi déploré une rupture rapide des stocks de bières que l'organisation avait imputée à la surconsommation provoquée par la canicule.

Des problèmes de transports avaient également dégradé l’acheminement des supporters au stade à Bordeaux pour le match Irlande-Roumanie (82-8). Si le comité d’organisation a remédié à ces problèmes, des supporters anglais ont déploré les conditions d’accès au Stade de France, puis la faible fréquence des transports en commun en marge de la demi-finale face à l’Angleterre.

· La une de Valeurs Actuelles a crispé Dupont

La une du journal d’extrême droite Valeurs Actuelles mettant à l’honneur Antoine Dupont et Jean Dujardin comme représentants de la "France rugby" n’a pas plu aux deux concernés. L’acteur s’en est désolidarisé sur les réseaux sociaux: "La France rugby oui, vos valeurs non. Pas de récupération. Merci." Un message partagé par le capitaine du XV de France. "Je pense que j’ai développé ma position en faisant ce geste-là, je ne suis pas sûr que ce soit le sujet, maintenant, de la conférence de presse", avait expliqué le capitaine français trois jours plus tard face à la presse.

· Un tirage au sort trop précoce qui a tué le suspense (et la France)

L’absurdité du tirage au sort effectué en 2020 sur les bases du classement de World Rugby en 2019 a réservé deux chocs entre les quatre gros favoris à la victoire finale dès les quarts. Après des combats homériques, la Nouvelle-Zélande a sorti l’Irlande (28-24) quand l’Afrique du Sud a éliminé la France (29-28), organisatrice de la compétition le lendemain. World Rugby a compris ce sentiment de frustration en rappelant le contexte du tirage (pendant la pandémie du Covid) et acté un tirage plus rapproché de la prochaine échéance en 2027. Il aura lieu en janvier 2026, un an et demi avant le début de la compétition.

· Tornades de critiques contre l’arbitrage

Ce Mondial restera marqué par le tsunami de critiques du public français contre l’arbitre néo-zélandais, Ben O’Keeffe, accusé d’avoir précipité la défaite du XV de France face à l’Afrique du Sud en quarts de finale (29-28) par sa grande clémence avec les Sud-africains et de nombreuses décisions jugées défavorables aux hommes de Fabien Galthié. Antoine Dupont, capitaine des Bleus, l’avait lui-même estimé "pas au niveau de l’enjeu" quelques instants après cette cruelle élimination.

World Rugby aurait officiellement reconnu cinq erreurs de la part du Néo-Zélandais (dont trois en défaveur des Bleus), cyber-harcelé sur ses réseaux sociaux. La Fédération internationale n’a pas vraiment œuvré pour ménager l’arbitre en le désignant pour la demi-finale Afrique du Sud-Angleterre (16-15). Un cadeau empoisonné pour O'Keeffe, sifflé par le public du Stade de France, puis critiqué par la presse anglaise pour avoir injustement sifflé la pénalité de la gagne en faveur des Sud-africains dans une mêlée controversée.

· La pirouette de World Rugby sur des accusations de racisme

Si le comité d’organisation a subi les premières critiques de la compétition, World Rugby concentre les dernières. La Fédération internationale a provoqué la colère de l’Angleterre après sa décision de ne prononcer aucune sanction contre le talonneur sud-africain, Bongi Mbonambi, accusé d’avoir proféré des insultes racistes contre le troisième ligne anglais, Tom Curry. Ce dernier en avait d’ailleurs fait part en plein match à l’arbitre Ben O’Keeffe qui l’avait invité à reprendre le jeu. World Rugby a justifié son choix de ne pas sanctionner Mbonambi en l’absence suffisante de preuves. Le tout sans avoir entendu aucun des deux protagonistes. Une pirouette qui provoque l’ire des médias anglais. "World Rugby a laissé tomber l’Angleterre et Curry", lance le Telegraph. Depuis ses accusations, Curry est cyber-harcelé.

Article original publié sur RMC Sport