«Hyène folle»: quand l'ambassade de Chine à Paris insulte un chercheur français

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Expert reconnu de la Chine, Antoine Bondaz, membre à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS), a été la cible ce week-end d’un déchaînement d’insultes sans précédent de l’ambassade chinoise à Paris. L’escalade est partie d’un tweet de l’ambassade traitant le chercheur de « petite frappe » pour avoir dénoncé des pressions chinoises sur des parlementaires français souhaitant se rendre à Taïwan. L’incident a mobilisé la communauté des experts en géopolitique et des élus français qui ont pris la défense de l'expert, en conflit ouvert avec la représentation diplomatique chinoise depuis des mois.

« Petite frappe », « hyène folle », « troll idéologique », jamais jusqu’ici l’ambassade de Chine à Paris n’était allée aussi loin en diffamant un chercheur français.

Antoine Bondaz, membre de la Fondation pour la recherche stratégique, a même été cité nommément dans un article du média d’État en langue anglaise, Global Times. Preuve que l’affaire est gérée de façon coordonnée et au plus haut niveau à Pékin.

Antoine Bondaz était intervenu au sujet de pressions exercées par l’ambassadeur chinois en France, Lu Shaye, contre la visite programmée de sénateurs français à Taïwan. Son commentaire sur Twitter a provoqué un déchaînement d’insultes, de ce qu’on appelle aujourd’hui la diplomatie des « loups guerriers ».

La diplomatie des « loups guerriers » est une doctrine mise en place par le président chinois, Xi Jinping, qui exige des nouveaux ambassadeurs un discours décomplexé, plus virulent et agressif pour intimider et étouffer toutes les voix en Occident jugées trop critiques à l’encontre de Pékin. De nombreux experts ont pris la défense d’Antoine Bondaz, qui a aussi reçu le soutien de députés français de tous bords au Parlement européen.

La France convoque l'ambassadeur de Chine

« Dans nos relations avec la Chine, il n’y a pas de place pour les insultes et les tentatives d’intimidation contre des élus de la République et des chercheurs », a souligné sur Twitter le ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

« Ce n’est pas en s’en prenant à la liberté académique, à la liberté d’expression et aux libertés démocratiques fondamentales, que la Chine répondra aux préoccupations légitimes de l’Union européenne, ni qu’elle nourrira le dialogue avec les 27 », a déclaré Agnès von der Mühll, porte-parole du Quai d'Orsay.

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