Human Rights Watch accuse les forces palestiniennes de détentions arbitraires et de torture

AP - Nasser Nasser

Un peu plus d'un an après la mort en détention de l'opposant Nizar Banat, l'ONG Human Rights Watch accuse les forces palestiniennes de mener des arrestations arbitraires « systématiques » et de pratiquer la torture contre des dissidents.

Sa mort avait suscité une vive émotion dans les territoires palestiniens. Il y a un peu plus d'un an, le 24 juin 2021, Nizar Banat, militant des droits de l'homme avait été arrêté et violemment battu par les forces palestiniennes avant de succomber à ses blessures en détention. Son décès avait entraîné plusieurs manifestations pour dénoncer la violence des forces de l'Autorité palestinienne, qui avaient été violemment réprimés.

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Pour l'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch, le cas de Nizar Banat n'est pas unique : que ce soit en Cisjordanie, contrôlée par l'Autorité palestinienne, ou dans la bande de Gaza, dirigée par le Hamas, les opposants sont victimes de détentions arbitraires et d'actes de torture. L'ONG et le groupe de défense des droits des Palestiniens Lawyers for Justice ont soumis le 30 juin un rapport conjoint au Comité des Nations unies contre la torture (CAT).

« Pratiques systématiques »

« Nous parlons de pratiques systématiques. Ce que nous voyons, ce sont les deux autorités qui emploient de manière routinière, sur une période de plusieurs années, les mêmes tactiques pour répondre à la critique, la dissidence et l'opposition. Ceux qui sont critiques ou en opposition sont régulièrement arrêtés, détenus », estime Omar Shakir, le directeur Israël-Palestine de Human Rights Watch, joint par RFI.

Ces détentions n’ont pas lieu sur des périodes longues, relève l’organisation. Il s’agit plutôt de courtes détentions, où beaucoup sont maltraités et torturés. « Quand vous avez des abus graves commis de manière régulière et quand vous avez de telles pratiques, particulièrement quand elles s'apparentent à des abus tels que la torture, ce sont des crimes contre l'humanité. Donc, sans aucun doute, des pratiques de l'Autorité palestinienne et du Hamas peuvent relever de crimes contre l'humanité », appuie Omar Shakir.

Human Rights Watch encourage le procureur de la Cour pénale internationale (CPI) à « considérer ces pratiques comme partie intégrante de son enquête formelle sur les crimes sérieux commis en Palestine ainsi qu'à juger ceux qui commettent ces arrestations arbitraires et actes de torture ».

Appel aux bailleurs occidentaux

Pour l'ONG, « l'Autorité palestinienne a très peu d'autonomie et de souveraineté sur le terrain, mais elle maintient un État policier parallèle qui exerce une oppression plutôt méthodique et systématique. »

L’ONG en appelle aux bailleurs internationaux de ces forces de sécurité, particulièrement aux pays occidentaux qui soutiennent les forces de l'Autorité palestinienne en Cisjordanie. « Des pays à travers toute l'Europe ainsi que les États-Unis prétendent soutenir l'État de droit en Palestine et pourtant, ils financent des forces de police, et d'autres forces de sécurité dans certains cas, qui sapent activement ces principes », estime encore Omar Shakir.

« L'Europe et les États-Unis devraient cesser de financer les forces de sécurité palestiniennes qui commettent des abus », conclut-il.

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