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Les humains et le réchauffement climatique font rétrécir les poissons

Les poissons d’une même espèce ont tendance à devenir plus petits, et les espèces plus grosses sont remplacées par les petites.

Le petit est en train de prendre la place du plus grand. Tel est le constat d’une équipe internationale de chercheurs de 17 universités, dans le cadre d’une étude dirigée par l’université de st Andrews et celle de Nottingham. Publiée dans Science le 7 septembre, il y est expliqué que les poissons rapetissent.

Plus précisément, la raison est un remplacement d’espèces, ainsi que des changements au sein de ces espèces. En gros, les poissons plus gros sont moins nombreux, au contraire des plus petits. À l’échelle des espèces, les plus petites semblent prendre la place des plus grandes.

Un changement qui touche surtout les poissons

Avant cette étude, des recherches antérieures avaient montré que la taille des poissons trophées lors des compétitions de pêche avait diminué. Autre indice d’importance, bon nombre des espèces les plus menacées étaient de grande taille. Pour aller plus loin, cette nouvelle étude y a mis les moyens.

Les chercheurs, financés par le Centre allemand de recherche intégrative sur la biodiversité (iDiv), ont analysé les données des 60 dernières années. « Dans certains endroits, des specimens de plus en plus petits de raie épineuse sont observés, tandis que les espèces plus petites comme le maquereau sont de plus en plus abondantes », explique Ines Martins, chercheur de l’université de st Andrews et autrice principale de l’étude.

Ce rétrécissement n’a pas été observé que chez les poissons. Mais parmi d’autres groupes d’organismes, tels que les plantes et les invertébrés, les changements étaient plus variés. En examinant divers groupes d’espèces, l’étude révèle certains êtres vivants grossissent tandis que d’autres rétrécissent. Autre problème, « nous manquons actuellement de données sur de nombreux organismes autres que les poissons pour tirer des conclusions claires », regrette la chercheuse Franziska Schrodt, coresponsable du groupe de travail.

Un problème de taille

L’étude indique à ce titre que les grands organismes peuvent être particulièrement sensibles aux impacts des activités humaines, notamment la chasse et la récolte. Ils sont également moins résistants au stress du changement climatique. Si l’étude ne le précise pas explicitement, le rôle de notre espèce semble donc important.

Malgré ce changement d’ampleur, la masse totale de poissons dans les océans, leur biomasse, n’a pas bougé. Les individus de petites tailles sont plus nombreux, et contre balancent la perte des poissons plus gros. Ce résultat conforte l’idée selon laquelle les écosystèmes ont tendance à compenser le changement. Mais ce n’est pas forcément une bonne nouvelle.

Comme l’explique Maria Dornelas, autrice de l’étude et chercheur à l’Université de st Andrews : « la réduction de la taille des organismes a des effets importants, car elle influe sur leur contribution au fonctionnement des écosystèmes et sur la manière dont les humains en bénéficient. Les poissons plus gros peuvent généralement nourrir plus de personnes que les poissons plus petits. » Diminuant les ressources issues de la pêche, cette évolution en taille bouleverse les écosystèmes qui tentent temps bien que mal de garder l’équilibre.

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