Huit policiers tués en Colombie, la pire offensive depuis le changement de gouvernement

OSCAR MURCIA / AFP

Les images sont atroces. Autour d’une camionnette ensanglantée gisent les corps de 8 policiers morts vendredi 2 septembre lors d’une embuscade en Colombie. C’est la pire offensive de groupes armés depuis la prise de pouvoir du président Gustavo Petro, le 7 août dernier.

La revue Semana décrit la sidération en ces termes :

“Les images de la scène où ont eu lieu les faits semblent provenir d’une zone de guerre. Les corps des hommes en uniforme ont été laissés sur le bord de la route et d’autres à l’intérieur du véhicule.”

L’attaque au de fusil et à l’explosif, dont on ne connaît pas encore les motifs, a eu lieu dans une zone rurale du département du Huila, dans le centre de la Colombie. Un pays en guerre depuis plus de 50 ans où les champs de mine sont encore légion.

Immédiatement, le président Petro a condamné l’attentat sur Twitter et a témoigné de sa solidarité à l’égard des familles des victimes.

“Ces faits expriment un évident sabotage à la paix totale. J’ai demandé aux autorités de se déplacer sur le territoire pour assumer l’investigation”.

Premier dirigeant de gauche de l’histoire de la Colombie, Petro a été élu, entre autres, grâce à sa proposition de négocier la paix avec de nombreux acteurs armés qui opèrent dans ce gigantesque pays, premier producteur de cocaïne au monde, rempli de jungles et de montagnes inaccessibles.

Si les responsables de l’attaque ne sont pas encore connus, la liste d’es groupes capables de massacrer 8 policiers en une seule offensive n’est pas infinie en Colombie. Dans la région du Huila opèrent notamment divers groupes de dissidents des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), qui ont refusé de déposer les armes malgré l’accord de paix signé en 2016 avec la guérilla.

Ex-guérillero lui-même, Petro maintient une relation compliquée avec la police et les forces armées, dont il a déjà purgé plus de 40 généraux. Il s’est aussi dit disposé à légaliser le cannabis, ainsi qu’à négocier les extraditions de narcotrafiquants et la soumission de groupes armés, qui se sont pour l’instant montrés favorables à cette proposition.

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