Hubert Védrine, ancien ministre des Affaires étrangères : "Biden pourrait être un populiste modéré"

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Cette élection chaotique montre-t-elle que la démocratie américaine est en danger?
On pourrait le dire si les Américains n'arrivaient pas à se mettre d'accord avant le 20 janvier sur le nom du président. Mais si, malgré les guérillas judiciaires d'arrière-garde qui vont durer des semaines, Biden entre à la Maison-Blanche à cette date, alors tout sera oublié et rien ne permettra de dire que la démocratie américaine, comme mécanisme, est en danger, au contraire. Surtout que le taux de participation a été extrêmement élevé alors qu'une des faiblesses structurelles de la démocratie américaine était un taux d'abstention énorme. Cela étant, ceux qui ont une vision idéologique, pour ne pas dire religieuse, de la démocratie, ne peuvent sortir que très ébranlés de cet épisode. Les Américains les premiers car ils se retrouvent complètement désunis. La moitié de l'Amérique est trumpiste.

Mais les valeurs véhiculées par Trump ne sapent-elles pas justement celles de la démocratie?
Si la moitié des Américains votent pour lui, c'est qu'ils ne pensent pas ainsi. Qui, dans ces conditions, a le pouvoir de dire quelles sont les valeurs du pays ? Au-delà de ça, le trumpisme est là pour durer, d'autant que les républicains pourraient être dominants au Sénat. Ce populisme est une composante durable de la vie des États-Unis et même des démocraties en général. À l'avenir, les démocraties seront toutes plus ou moins populistes.

Vouloir réconcilier ces deux Amériques est donc vain?
Ce sera extrêmemen...


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