HS DARD - Parlez-vous le San-Antonio?

Eric Bouhier
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« Son vermotisme est une merveille de grâce », disait Jean Cocteau. On ne lit pas du San-Antonioavec un dictionnaire à la main. On le lit avec une envie de rire, un émerveillement devant des trésors d'imagination. Comment résister à « fier d'une paire de couilles », pour « faire d'une pierre deux coups », resister au regard de « laisse-pisser-la-Julie »,pour « lapis-lazulis », « ni des lèvres, ni des dents », en guise de « ni d'Ève ni d'Adam », sinon « Liliane est au lycée » pour « L'Iliade et l'Odyssée » ? San-A regorge de milliers de mots et expressions qu'aucun Larousse ni Robert n'ont jamais osé recenser, des mille positions du Sanasutra, aux pages roses et rosses à faire pâlir « les ratés du sommier, les refroidis du rez-de-chaussée, les ulcérées de la jarretelle et les empêcheurs de baiser en rond ». San-Antonio n'y va pas de main morte avec « les gluants du bulbe, les effarouchés de la prose diarrhée et les craigneux du stylo poubelle ». « J'adore calembourer », disait l'auteur. « Ma matière grise me grise ». « L'avenir du langage », « le Jules Vernes du vocabulaire » qu'était cet héritier de Rabelais nous avait prévenu : « Si tu veux de la grammaire fignolée, t'as qu'à changer de crèmerie, mon pote ! ? Quand on bouffe des frites à la Foire du Trône, on ne réclame pas des serviettes empesées ». Lecture !

Se tamponner le hangar à prostate : S'en ficher, en avoir cure, alternative à l'argot s'en tamponner le coquillard. « Je me tamponne le hangar à [...] Lire la suite