Howard Hodgkin, soleil rasant

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Le rayonnement de ses tableaux, paysages esquissés à coups de pinceaux sensuels et lumineux, a mis longtemps à parvenir au monde de l’art, y compris dans son propre pays - l’Angleterre ne lui consacrant sa première exposition importante qu’en 1976, l’année de ses 40 ans, avant de lui confier le pavillon national à la biennale de Venise en 1984 et de lui décerner le Turner Prize en 1985.

Howard Hodgkin, mort jeudi à Londres à 80 ans, a mis cette relative indifférence à profit en développant une peinture qui s’aventura tôt aux marges du cadre, dont littéralement, il ignore les limites en décidant de l’intégrer à ses compositions. Sans bordures donc, celles-là prennent une dimension expressioniste à renfort de coups de brosses amples qui laissent des trainées épaisses et sirupeuses de couleurs éclatantes sur une surface dure, Hodkin préférant le bois à la toile.

Toutefois, il n’émarge pas au rang des abstraits : il représente bel et bien des paysages marins, des bords de Méditérranée vaporisés de rayons de soleil couchant (l’érotique Waking Up in Napoli, de 1984, que réchauffe, paresseuse, une vague silhouette alanguie au premier plan) des intérieurs schématiques et flous, exécutés dans le sillage du pop anglais (des pionniers desquels il est contemporains, à commencer par Hockney ou Caufield).

Dans la fabrique de ce style, ses études d’art à Londres puis à Bath entre 1949 et 1954 comptent moins que son admiration pour Edouard Vuillard et les symbolistes français ou anglais de la fin du XIXe siècle et surtout moins que ses nombreux voyages en Egypte, au Maroc, en Italie et en Inde où il constitue une collection riche d’une centaine d’œuvres.

En 2006, sa rétrospective à la Tate Britain permet de cerner la dimension atmosphérique et évasive de cette peinture au long court (un tableau pouvait nécéssiter de un à trois ans de maturation) qui reflète les humeurs et les sentiments de son auteur et de ses amis dans des formes fluides. Représenté par la puissante galerie (...)

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