«Hostiles», terne western

Libération.fr

Récit d’un périple en terres indiennes, le film de Scott Cooper s’enfère dans une trame manichéenne et attendue.

A l’instar d’une joue appuyée trop longtemps contre la vitre, Christian Bale semble condamné au visage figé, limite empaillé (performance sous couvert d’expression de rage pugnace intériorisée, comme s’il venait juste de retirer son masque du Dark Knight - c’était il y a six ans quand même), dans le nouveau film de l’acteur et réalisateur américain Scott Cooper. C’est pour mieux jouer l’homme over rancunier, mon enfant.


Part d’infamie. Dans Hostiles, il interprète Joseph Blocker, ex-capitaine de cavalerie et à présent gardien de prison, contraint d’escorter Yellow Hawk, chef de guerre cheyenne mourant - et son pire ennemi - du Nouveau-Mexique au Montana sur les terres tribales de celui-ci - on est en 1892. Tout le monde a sa part d’infamie, que les choses soient bien (trop) claires. Soldats, prisonniers, femmes, enfants, de chaque clan à chaque plan seront là pour accuser très nettement l’exemple de la violence gratuite qui a effectivement dû exister.L’Indien ne se limite pas à sa réputation de sauvage (sauf le Comanche qui va recevoir son petit brin d’essentialisme). Quant à l’homme blanc, colonisateur chevronné très sûrement, et bien sachez qu’il a un petit cœur. Ce film éducatif est fait pour toutes celles et ceux qui voient encore en noir et blanc. L’acariâtre et têtu Bale-Blocker, lecteur assidu de Jules César, sort donc du musée Grévin pour gambader dans un désert accompagné de son pire rival. Tous deux, lentement, apprennent à mieux se comprendre, voire à s’aimer, se respecter, en dépit des boucheries passées jusqu’au tant attendu : «J’ai un peu de toi en moi.»

Rancune. Il faut que tout le monde s’aime, donc. Dès lors, voilà que les péripéties déboulent en kit, sous la forme de plus gros vilains qui s’invitent dans le train-train du parcours - les Comanches entrent en scène. Confédérés et Cheyennes vont ainsi s’allier pour protéger femmes et enfants, (...)

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