"Hostiles", grand western humaniste anti-Trump avec Christian Bale

Jacky Bornet
"Hostiles", western pro-indien, renoue avec une veine relancée depuis "Danse avec les loups". Son réalisateur Scott Cooper dénonce la politique nationaliste de Donald Trump, fondatrice de mur avec le Mexique et autres... Hollywood a engagé la guerre anti-Trump et "Hostiles" en est un beau fleuron. Avec Christian Bale dans le rôle principal, un film épique et didactique dans le bon sens du terme.

Sources pro-indiennes

Le Western a longtemps incarné la quintessence du cinéma américain, une mythologie de la conquête, de l'idéologie du nouveau monde. Mais dès 1950, "Le Flèche brisée" (Delmer Dawes avec Gary Cooper) remettait les pendules à l'heure en dénonçant le génocide amérindien à l'origine de la nation américaine. Il était suivi par "Les Cheyennes" (John Ford, 1964), puis toute une lignée de films des années 70 ("Little Big Man", "Un homme nommé cheval", "Jeremiah Johnson"...). Avec "Danse avec les loups" (1991), Kevin Costner relançait le western, toujours sous cette réhabilitation de la cause indienne. "Hostiles" s'inscrit dans cette lignée.

L'histoire d'un chasseur d'Indiens, tueur d'Indiens, qui doit ramener un chef cheyenne emprisonné jusqu'à sa terre natale pour y mourir. Il va devoir faire face à ses convictions, et à toute l'histoire américaine depuis ses racines coloniales. Scott Cooper ("Strictly Criminal"), à l'écriture et la réalisation, se révèle très habité par son sujet et fait un choix judicieux avec Christian Bale dans le rôle d'un Yankee forgé à la lutte contre les Amérindiens qui va se convertir à leur cause. Rosamund Pike ("Gone Girl") l'accompagne, et Wes Studi, formidable acteur indien, vu dans "Danse avec les loups", "Le Dernier des Mohicans" ou "Geronimo", même discret, y investit son incomparable présence.

Reportage : Pascale Deschamps

La NRA dans le collimateur

La réalisation de Scott Cooper fait appel à John Ford dans la mise en images des formidables paysages westerniens du maître, dans le plus pur style du genre. Mais il renvoie aussi au western dit "crépusculaire" initié par Sam Peckinpah au début des années 60 qui revisite le western sous un jour plus désenchanté que la glorieuse conquête évoquée dans les années 1920 à 50. Mais son scénario peut paraître un peu appuyé dans sa facture didactique. Le personnage incarné par Christian Bale peut sembler trop vite converti à la cause indienne, tout comme celui (...)

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