"Je suis hors de ma vie depuis sept ans": Jérôme Lavrillleux témoigne avant le procès Bygmalion

Robin Verner
·2 min de lecture
Jérôme Lavrilleux face à Apolline de Malherbe - BFMTV
Jérôme Lavrilleux face à Apolline de Malherbe - BFMTV

Jérôme Lavrilleux a été un temps directeur du cabinet de Jean-François Copé. Il a également été, jusqu'en 2019, député européen et surtout directeur-adjoint de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy en 2012, chargé de la logistique et de l'organisation des meetings. Mais sa vie a changé de tournure à partir de 2014, avec l'éclatement de l'affaire Bygmalion, un dossier dans lequel la justice soupçonne un financement illégal de la campagne à travers une surfacturation des prestations de la société.

"98% des gens qui me parlaient ont arrêté de le faire"

Quelques-jours avant l'ouverture du procès mercredi devant le Tribunal correctionnel de Paris, lors duquel il comparaîtra aux côtés de Nicolas Sarkozy et douze autres prévenus, Jérôme Lavrilleux était l'invité du Rendez-vous de notre journaliste Apolline de Malherbe diffusé ce samedi. "Je fais comme si tout va bien alors que tout ne va pas bien. Il y a un procès qui s’annonce et je suis prêt à en assumer les conséquences", a-t-il d'abord confié à l'intervieweuse.

"Je suis hors de ma vie depuis sept ans. Ça fait sept ans où il n'y a pas une journée sans qu'on me parle de ça. Il y a sept ans, j'ai perdu mon boulot. Il y a sept ans, j'ai perdu tout mon réseau social, tout mon environnement social et professionnel. Il y a sept ans, 98% des gens qui me parlaient ont arrêté de me parler", a-t-il égrené.

Jérôme Lavrilleux est ensuite revenu sur une anecdote qui lui est particulièrement douloureuse: "Il y a sept ans, on a coupé mon téléphone portable sans préavis. Il y a sept ans, une journaliste a frappé chez mes parents, mon père a ouvert, elle a tendu le micro : ' Ça fait quoi d'avoir un fils voyou ?', alors que je n'avais pas été entendu, pas jugé".

"Sept ans après, je suis toujours au même niveau"

Il a plus tard évoqué son entretien avec Ruth Elkrief, sur BFMTV en 2014. Confronté aux images, il a d'abord assuré: "je ne les ai jamais regardées". "C’était un moment qui n’était pas calculé, qui est assez compliqué, qui a fait souffrir tellement de personnes. Et puis, vous écoutez ça et sept ans après, je suis toujours au même niveau", a-t-il déploré.

Si le procès doit donc s'ouvrir mercredi, Jérôme Lavrilleux en a par ailleurs demandé le report, en raison de la contamination de sa défense par le Covid-19. "Je sais que les avocats de toutes les parties se sont associés à cette demande de renvoi mais je dépends d’une présidente de tribunal. Moi, ce qui m’intéresse c’est d’affronter la justice de mon pays, je ne peux pas y aller tout nu. Je ne peux pas y aller sans avocat. Donc je ne sais pas quoi faire, on verra", a-t-il commenté.

Article original publié sur BFMTV.com