Hongrie: le travail des journalistes de plus en plus difficile

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Sous le gouvernement de Viktor Orban, les médias publics sont devenus un outil de propagande. Le clan du Premier ministre souverainiste a aussi racheté de nombreux médias privés. Pour les quelques médias indépendants qui existent encore, c’est un désastre, dit le rapport sur la liberté de la presse en Hongrie de la Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatovic.

De notre correspondante à Budapest, Florence La Bruyère

En Hongrie, quand un media indépendant cherche à obtenir des données publiques, comme les détails d’un contrat signé par l’État, c’est mission impossible. Le journal doit souvent intenter un procès, explique Péter Petö, le rédacteur en chef du journal indépendant 24 heures On a l’habitude des procès. Même si on gagne, on est parfois obligés d’envoyer un huissier pour avoir ces données publiques. Un procès peut durer plus de deux ans ! Quand on finit par avoir les infos, ça n’intéresse plus grand-monde… Notre travail est devenu absurde. »

En décembre dernier, un eurodéputé du parti de Viktor Orban est surpris dans une fête libertine à Bruxelles. Pour faire diversion, des medias proches ciblent le journaliste Csaba Lukacs, directeur de l’hebdomadaire indépendant Magyar Hang. Ils révèlent qu’il est homosexuel : « Ces médias m’ont forcé à faire mon coming out. J’ai porté plainte, mais ils ont dépaysé les procès en province. Il faut aller là-bas, on n’a plus le temps de travailler. Quand on est harcelé comme ça, un jour on finit par se dire qu’on ne veut plus être journaliste. »

Des discours de haine à la violence

Pour l’heure, les journalistes hongrois ne sont pas victimes d’agressions. Mais selon la Commissaire aux droits de l’homme, si les messages de haine continuent à circuler avec une telle impunité, la violence pourrait se produire.

Dans son rapport, elle conclut par des recommandations au gouvernement hongrois. Notamment : condamner clairement le discours de haine contre les journalistes ; et adopter les règles européennes de transparence sur les propriétaires des médias et sur l’aide publicitaire versée par l’État aux médias publics.