Hongrie : les Roms poussés dehors

Anorak gris et casquette rouge, l’uniforme fourni par la municipalité, Attila Rácz débroussaille à coups de hachette le chemin communal. Il est rom, comme la plupart des 72 employés du programme pilote de travaux publics, projet du gouvernement mis en œuvre à Gyöngyöspata, village dirigé par le parti d’extrême droite Jobbik. Depuis que son fils a été licencié, Attila, 51 ans, a la rage au cœur. «Il n’a jamais manqué un seul jour de travail, sauf une fois pour aller chez le dentiste à cause d’un abcès. Il a fourni un certificat médical à la mairie, mais le papier a disparu… Et il a été licencié. Non seulement il ne touchera plus son salaire de 47 000 forints [150 euros, ndlr], mais la mairie lui supprime le revenu minimum social [95 euros par mois] pendant trois ans ! Il va perdre cette petite aide qui l’aurait aidé à faire vivre sa famille.» Le fils d’Attila est le quatrième à être congédié de la sorte. Le dentiste a refusé de lui délivrer une copie. «C’est devenu difficile de vivre normalement», soupire le jeune homme.

Tensions. Dans ce village, comme dans tout le reste du pays, le Jobbik a réalisé de gros scores aux législatives de 2010 (16,8% à l’échelle nationale), loin derrière le Fidesz, la formation du Premier ministre nationaliste Viktor Orbán, qui colle à l’extrême droite et ses thèmes xénophobes.

Rester ou partir ? Parmi les Roms de Gyöngyöspata, certains ont tranché. En deux mois, une demi-douzaine de familles ont quitté le village, selon l’ONG Mouvement pour les droits civiques. «Il y a quelques jours, un homme est parti avec sa famille au Canada. Il avait été exclu, lui aussi, de ce programme et du droit au revenu minimum», raconte Aladár Horváth, président de l’ONG. Ceux qui ne peuvent s’offrir un billet d’avion «risquent de se retrouver sans abri à Budapest», ajoute-t-il. C’est l’échec du programme d’emplois publics, conçu à la hâte en septembre par le gouvernement pour donner du travail aux Roms.

C’est le Jobbik, parti du maire, qui a choisi (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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