Hongrie: Nouvelle manifestation en Hongrie contre le gouvernement Orban

Plusieurs milliers de Hongrois se sont de nouveau rassemblés samedi à Budapest (photo) pour dénoncer les efforts déployés selon eux par le gouvernement pour faire taire les voix dissidentes. /Photo prise le 15 avril 2017/REUTERS/Bernadett Szabo

BUDAPEST (Reuters) - Plusieurs milliers de Hongrois se sont de nouveau rassemblés samedi à Budapest pour dénoncer les efforts déployés selon eux par le gouvernement pour faire taire les voix dissidentes.

Le gouvernement de Viktor Orban, au pouvoir depuis 2010, est confronté depuis deux semaines à une contestation populaire sans précédent depuis qu'il a fait passer une loi ciblant une université créée par le milliardaire George Soros, la CEU (Université d'Europe centrale), à laquelle il reproche notamment de s'opposer à sa politique migratoire.

S'exprimant pour la première fois à ce sujet dans les colonnes du journal pro-gouvernemental Magyar Idok, le Premier ministre conservateur estime que les Hongrois devront choisir, lors des élections législatives de 2018, entre un gouvernement qui se bat pour les intérêts du pays et des forces au service de l'étranger.

L'Union européenne et les Etats-Unis ont sévèrement critiqué la nouvelle loi qui s'inscrit, selon les défenseurs des droits de l'homme, dans le cadre d'une politique plus large visant à museler toute contestation dans les médias, les institutions publiques ou à la Cour constitutionnelle.

Parmi les manifestants rassemblés dans le calme à Budapest, certains portaient des drapeaux européens et des banderoles proclamant: "Viktor, la partie est terminée", ou "Je soutiens la CEU".

"Ce qui se passe ici est intolérable, j'aimerais vivre dans une démocratie", déclarait Agnes Botje, une documentariste âgée de 40 ans. "C'est comme si l'air devenait de plus en plus rare dans ce pays."

Au journal Magyar Idok, Viktor Orban déclare que de tels conflits sont un passage pour préserver la souveraineté de la Hongrie.

"(...) Le gouvernement national subit constamment des pressions et des attaques donc l'enjeu de toutes les élections est de savoir si l'on a un Parlement et un gouvernement défendant les intérêts du peuple hongrois ou s'il est au service d'intérêts étrangers", dit le Premier ministre.

Viktor Orban présente les manifestations actuelles comme un échauffement avant la campagne électorale de l'an prochain, pour laquelle les sondages donnent toujours son parti, le Fidesz, en tête avec environ 30% des intentions de vote.

"Si on acceptait que Bruxelles ou d'autres centres politiques et financiers nous dictent (...) ce qui doit se passer dans notre pays, il n'y aurait pas de conflits", poursuit-il dans l'interview. "Mais l'histoire des Hongrois est une histoire de luttes pour la liberté."

Viktor Orban, dont les experts estiment qu'il veut resserrer les rangs de sa base électorale nationaliste en mettant en scène sa confrontation avec l'Union européenne, promet de ne pas céder face à la contestation de la rue.

"Le gouvernement est déterminé, je ne vois aucun signe de marche-arrière", affirme-t-il.

Mercredi, des milliers d'étudiants ont défilé aux cris de "Europe! Europe!" et "Pays libre! Université libre!"

(Krisztina Than; Tangi Salaün et Jean-Stéphane Brosse pour le service français)

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages