Hongrie: Klubradio, première radio privée du pays, cesse d'émettre ce dimanche

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En Hongrie, la première radio privée du pays, Klubradio, va cesser d'émettre le dimanche 14 février à minuit. L’ancienne radio du Club automobile hongrois, est devenue avec le temps un média résolument anti-Orban.

Avec notre correspondante à Budapest, Florence La Bruyère

Tous les après-midi, le journaliste György Bolgar dialogue en direct avec les auditeurs. C'est l'une des émissions les plus populaires de Klubradio. Mais à partir de dimanche 14 février à minuit, on n’entendra plus cette radio sur la bande FM. « Le Conseil des médias a refusé de renouveler notre fréquence, tout ça parce qu’on a envoyé avec du retard des documents sur la musique qu’on diffuse », explique-t-il.

Le Conseil de surveillance des médias (NMHH), où siègent uniquement des représentants du parti du Premier ministre Viktor Orban, lui a retiré sa fréquence parce qu’elle aurait « enfreint les règles ». Un nouveau revers pour la liberté de l’information en Hongrie. Mais Klubradio, dont la voix critique touche près de 200 000 auditeurs, soit un dixième des Budapestois, compte faire de la résistance.

Deuxième vie sur Internet

D’autres radios ont envoyé leurs documents avec retard au Conseil des médias. Mais Klub est la seule à être expulsée des ondes. Le gouvernement avait déjà ôté à cette radio d’opposition toutes ses fréquences en province. Aujourd’hui, Viktor Orban veut la faire taire pour de bon, estime son directeur, Andras Arato, qui déclare : « Orban, a perdu les dernières municipales, à Budapest. Il a peur des prochaines élections générales Nous sommes une voix démocrate, libérale, ça ne peut que déplaire à un régime populiste. »

Klubradio continue cependant sur Internet. Mais ses auditeurs sont en majorité des personnes âgées qui ne sont pas connectées. « On a mis en place deux hotlines pour expliquer comment marche la radio par Internet », explique Mihaly Hardy, son rédacteur en chef. Et Klubradio vient de lancer une application pour téléphone mobile. Peut-être un moyen de rajeunir son public.

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Depuis son retour au pouvoir en 2010, le souverainiste Viktor Orban a aussi mis la télévision publique au pas. Il a fait racheter par ses amis des médias d’opposition pour les fermer ou les transformer en outils de propagande. Le clan au pouvoir domine 80% du paysage médiatique.