Hongrie: face à l'inflation exceptionnelle, les Hongrois au régime sec

Une inflation hors norme en Hongrie, avec 11,7 % d'augmentation au moins de juin par rapport à l'an dernier. Face à la valse des étiquettes, et bien que les prix de l’essence et du lait soient plafonnés par le gouvernement, les Hongrois réduisent leur train de vie.

Avec notre correspondante à Budapest, Florence La Bruyère

Krisztina est vendeuse dans une boutique de fleurs. Le prix de la nourriture a tellement grimpé qu’elle est obligée de se serrer la ceinture : « Le prix des œufs a triplé depuis l’an dernier ! Un œuf coûte 80 forints. Le fromage le moins cher est à trois mille forints le kilo. Moi, je n’achète que les produits à prix réduit, et je ne mange plus de fromage. »

En Hongrie, l’inflation caracole autour de 12 %, c’est plus que les 8,6 % de la zone euro. Cette hausse n’est pas seulement due à la guerre en Ukraine et à la flambée des prix de l’énergie : le gouvernement populiste de Viktor Orbán a beaucoup dépensé avant les élections du printemps dernier. Résultat, les hausses de salaire et des allocations sociales ont nourri l’inflation.

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De plus, le forint a beaucoup chuté face à l’euro, ce qui renchérit le prix des produits importés. Officiellement donc, le taux d’inflation avoisine les 12 %, mais plusieurs économistes ne sont pas d’accord avec ces chiffres. Selon eux, l’inflation dépasserait les 20 %. C’est le sentiment de Gabor, un ingénieur à la retraite : « Le fromage a augmenté de 40 %, la margarine de 50 % ! Pareil pour les gâteaux et les pâtes. Comment peut-on dire que l’inflation est à 12 % ? Moi, je n’y crois pas. »

Professeur à l’école publique, Katalin a beaucoup réduit ses dépenses. « Je dois renoncer à certaines choses : je n’achète plus de vêtements. Pour les produits d’hygiène et les cosmétiques, je prends les moins chers. Je gagne 500 euros par mois ! On ne peut pas vivre avec ça. »

Katalin et sa famille ne partiront pas en vacances cet été. L’an dernier, à la même époque, on ne trouvait plus une seule chambre de libre au lac Balaton. Cette année, les réservations sont en baisse.

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