La Hongrie dit vouloir bloquer l'accord commercial Post-Cotonou

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LA HONGRIE DIT VOULOIR BLOQUER L'ACCORD COMMERCIAL POST-COTONOU

par Anita Komuves et Robin Emmott

BUDAPEST/BRUXELLES (Reuters) - Budapest s'oppose au nouvel accord de commerce et de développement entre l'Union européenne, les pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique, estimant qu'il pourrait constituer un appel d'air pour les migrants, a déclaré jeudi le ministre des Affaires étrangères hongrois.

Un refus de la Hongrie de ratifier ce texte, destiné à succéder au traité signé en 2000 dans la capitale béninoise, mettrait en péril le nouvel accord entre l'UE et l'Organisation des Etats d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OEACP) qui a été conclu après des années de négociations.

Alors que l'Accord de Cotonou expire cette année, le nouveau traité, baptisé "Post-Cotonou", intègre de nouvelles dispositions en matière de protection de l'environnement, de droits de l'homme et de migrations. Il comprend en particulier des dispositifs spécifiques permettant de renvoyer des migrants, y compris des demandeurs d'asile, dans leur pays d'origine.

Pour entrer en vigueur, il doit être ratifié par l'ensemble des 27 Etats membres du bloc.

"Toutes nos propositions ont été balayées de la table, donc nous ne donnerons certainement pas notre approbation à cet accord", a déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, en référence à l'accord post-Cotonou.

"De nouvelles vagues de migration ne sont pas nécessaires, surtout maintenant", a-t-il dit à la presse à Bruxelles.

Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, opposé à toute initiative de l'UE visant à répartir équitablement les réfugiés au sein du bloc, a dénoncé aussi certains dispositifs de l'accord Post-Cotonou.

Le nouveau traité autorise par exemple une forme d'immigration légale des citoyens des pays d'Afrique, des Caraïbes et du Pacifique vers l'UE par le biais de visas et de regroupement familial.

(Robin Emmott à Bruxelles et Anita Komuves à Budapest; version française Claude Chendjou, édité par Jean Terzian)