La Hongrie dément que l'UE exige une réforme de ses marchés publics

·2 min de lecture
LA HONGRIE DÉMENT QUE L'UE EXIGE UNE RÉFORME DE SES MARCHÉS PUBLICS

BRUXELLES (Reuters) - La Hongrie a démenti mardi que la Commission européenne lui ait demandé de réformer sa législation sur les marchés publics, afin de réduire la fraude systémique, comme condition préalable au versement des fonds provenant du plan de relance européen post-COVID.

Reuters a rapporté lundi que l'exécutif européen avait ordonné à plusieurs États membres de revoir leurs projets de dépense d'une partie des 750 milliards d'euros qu'ils doivent recevoir cette année et exigé de la Hongrie qu'elle modifie radicalement son code des marchés publics.

"Fausse information. Le gouvernement n'a reçu aucune demande de la Commission européenne, ni officielle ni informelle", a déclaré sur Twitter le porte-parole du gouvernement hongrois Zoltan Kovacs.

Selon un document interne de la Commission daté du 26 janvier consulté par Reuters, l'exécutif bruxellois déplore un "blocage politique au plus haut niveau" en Hongrie sur le remaniement du code des marchés publics qui conduirait actuellement à des irrégularités "systémiques" et à une surestimation des prix.

Un rapport publié l'année dernière par l'Office européen de lutte antifraude (OLAF) a signalé des irrégularités dans près de 4% des dépenses de fonds européens de la Hongrie sur la période 2015-2019, alors que la moyenne de l'UE est de 0,36% et que la Slovaquie se situe à l'avant-dernier rang avec 0,53%.

Lors d'un entretien accordé à Reuters en septembre dernier, Viktor Orban avait contesté les conclusions de l'OLAF faisant de la Hongrie le pays où il y a plus d'irrégularités dans la gestion des fonds européens.

Budapest, dans le collimateur européen pour des atteintes à l'Etat de droit, devrait obtenir près de 6,3 milliards d'euros d'aides directes du plan de relance si sa proposition de dépenses est déposée avant la date butoir de la fin avril, puis acceptée par Bruxelles et les autres pays membres de l'UE.

(Gabriela Baczynska, version française Juliette Portala, édité par Jean-Stéphane Brosse)