La Hongrie “amadoue” Bruxelles pour débloquer les fonds européens

Heti Vilaggazdasag

“Amadouons Bruxelles !” grince l’hebdomadaire libéral Heti Vilaggazdasag (HVG) du 22 septembre. Ce titre provocateur, référence à la campagne gouvernementale “Arrêtons Bruxelles !” du printemps 2017, réagit aux promesses hongroises de réformes afin d’éviter de perdre 7,5 milliards d’euros de fonds de cohésion, dont le blocage est préconisé par la Commission européenne. Accusée d’atteintes aux valeurs de l’UE et de fraudes aux subventions européennes, la Hongrie dispose d’un délai jusqu’au 19 novembre pour répondre aux “préoccupations” de Bruxelles.

Sur la couverture du magazine, le ministre chargé des négociations avec l’Union européenne, Tibor Navracsics, écrit sur un tableau noir la phrase “Nous ne volerons plus” à la manière d’une punition d’écolier, sous le regard de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans la posture d’une enseignante sévère. Selon HVG, le gouvernement Orban “s’est débrouillé pour détourner le débat politique sur l’état de droit et la construction d’un État illibéral vers le terrain juridique et la transparence de l’utilisation des fonds de l’UE”.

“État-mafia”

Grâce aux engagements magyars, salués par la Commission, Orban et ses proches “n’ont aucune raison de craindre de perdre de vastes ressources européennes”, même si “le régime reproduisant un État-mafia perdurait”. La future Autorité d’intégrité et le groupe de travail anticorruption hongrois “suscitent de grands espoirs”. Mais “connaissant la créativité d’Orban, le gouvernement peut prendre ces mesures sans se heurter au filtre de l’Union”, ironise HVG.

Ainsi, estime le magazine, les discussions “semblent basculer au bénéfice de l’exécutif magyar”, en voie d’obtenir un “certificat de propreté” lui permettant de “récupérer les 7,5 milliards de subventions en jeu et les 5,8 milliards du plan de relance post-Covid bloqués par Bruxelles”.

Fausses promesses

Autrement dit, déplore HVG, “l’avenir de milliards d’euros de fonds européens dépend de garanties législatives autour du combat contre la corruption et du rétablissement de l’indépendance de la justice, que le gouvernement n’a aucunement l’intention de concrétiser”.

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