Hong Kong: quand la protestation passe par les fenêtres

À Hong Kong, les protestataires sollicitent le soutien des États-Unis. Un rassemblement est organisé ce dimanche 8 septembre, dans l’après-midi, près du consulat américain. La mobilisation se poursuit après le retrait de la loi sur l’extradition qui avait mis le feu aux poudres il y a trois mois. Tous les soirs, depuis leurs balcons des centaines de milliers de hongkongais crient leur combat pour la liberté.

Avec notre envoyé spécial à Hong Kong,  Stéphane Lagarde

C’est tous les soirs le même refrain. Il est près de 22 heures dans le quartier résidentiel de Tai kou shing. Des cris s’élèvent dans le nuit, des slogans jetés par les fenêtres. « Libérez Hong Kong », « Révolution de notre temps » hurle Chan Chun-yin, 22 ans.

Short, basket et bandeau dans les cheveux, cet étudiant en comptabilité rentre du tennis. « Tous les soirs, on ouvre la fenêtre, on crie, et on écoute l’écho. On s’encourage. On exprime nos sentiments vis-à-vis du gouvernement, et c’est aussi une manière de diminuer la pression. La révolte dure depuis maintenant trois mois. Nous ne sommes pas contents de ce qui arrive, c’est une façon d’exprimer nos émotions », dit-il.

La détermination malgré la fatigue

L’écho des voix de la protestation dans la nuit hongkongaise, et du rap contre la police dans les smartphones. Comme beaucoup de jeunes de ce quartier de cadres et de commerçants, vu le prix des loyers, Chan n’est pas près de quitter l’appartement de ses parents.

Frustrations, pressions, 14 semaines de manifestations ça use... Fatigué ? « Oh oui, on est fatigué, c’est sûr. On manifeste chaque semaine. Il y a beaucoup de pression, et cet après-midi on y retourne pour demander au gouvernement américain de s’intéresser aux questions soulevées par les Hongkongais. Pour moi c’est important de se mobiliser à nouveau. »

Le retrait de la loi sur l’extradition, qui a mis le feu aux poudres il y a trois mois, n'a pas changé les choses. Une marche pacifique a lieu ce dimanche 8 septembre pour attirer l’attention de la communauté internationale et demander au Congrès américain d’élargir le Hong Kong policy Act, le traité économique signé avec les États-Unis, aux questions des libertés et des droits de l’homme. Ce qui ne manquerait pas d’être immédiatement perçu à Pékin comme une ingérence dans les affaires de la Chine.