Hong Kong: l'armée intervient pour nettoyer les rues, une présence symbolique

Pour la première fois depuis le début des manifestations, des soldats de l’Armée populaire de libération (APL) sont sortis de leurs casernes samedi 16 novembre à Hong Kong. Cette intervention avait pour objectif de déblayer les routes des barrages abandonnés par les protestataires. Une manière aussi pour l’armée chinoise de rappeler sa présence dans l’île.

Avec notre envoyé spécial à Hong Kong,  Stéphane Lagarde

Les soldats de l’armée du peuple au pas de course, seau et balai à la main. Les images diffusées par les médias hongkongais ont très vite fait le tour des téléphones portables. C’est la première fois en plus de cinq mois de contestation que des militaires chinois interviennent publiquement.

Il est près de 16h ce samedi, des hommes en shorts noirs et T-shirt kakis sortent de leurs baraquements de Kwoloon Tong, l’un des districts résidentiels les plus chers de la ville, et prennent la direction de l’université baptiste de Hong Kong.

Comme d’autres campus occupés par les étudiants ces derniers jours, la rue qui borde l’établissement est encombrée d’obstacles. Les soldats ramassent les briques, déblais les objets sur la chaussée accompagné par un caméraman.

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Une partie des badauds applaudit, d’autres au contraire se moquent, avant que les soldats ne soient rejoints dans leur effort par des pompiers et des policiers anti-émeutes.

« Nous sommes venus ici de notre plein gré arrêter les violences, et mettre un terme au chaos est de notre responsabilité », martèle l’un d’entre eux, plus âgé, paraphrasant le président chinois Xi Jinping. Un acte spontané dont doute le camp pro-démocratie à Hong Kong.

Les pro-démocratie à Hong Kong ne voient à l’inverse rien de spontané dans cette action, mais plutôt une opération de maintien de l’ordre déguisée, selon James To Kun-sun, député du Parti démocratique cité par le South China Morning Post. Une stratégie visant également à habituer l’opinion hongkongaise aux sorties de l’armée chinoise.

Selon l’article 9 de la Constitution hongkongaise, les garnisons de l’Armée populaire de libération ne doivent pas interférer dans les affaires locales. L’article 11 dispose que le commandement doit notifier le gouvernement hongkongais de toutes activités militaires, telles que des exercices d’entraînement ou des manœuvres.

Enfin, l’article 14 précise que l’APL peut intervenir sur injonction de l’exécutif pour « maintenir l’ordre public ou lors de catastrophe humanitaire ». Depuis 1997, le gouvernement hongkongais n’a jamais fait une telle demande. Ce qui n’a pas empêché l’intervention de 400 soldats chinois en uniformes l’année dernière, là aussi sur la base du volontariat, pour replanter les arbres abattus par le typhon Mangkhut.