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Hong Kong: 12 personnes incarcérées pour avoir pris d'assaut le parlement en 2019

Le militant pro démocratie Owen Chow arrive au tribunal de West Kowloon à Hong Kong le 8 juillet 2021 (Anthony WALLACE)
Le militant pro démocratie Owen Chow arrive au tribunal de West Kowloon à Hong Kong le 8 juillet 2021 (Anthony WALLACE)

Douze Hongkongais ont été incarcérés samedi après avoir écopé de peines allant jusqu'à sept ans de prison pour avoir pris d'assaut le parlement en 2019, au plus fort des manifestations pro-démocratie.

Cet épisode avait été le plus violent du début de la contestation massive qui avait secoué le centre financier cette année-là, avec des semaines de manifestations et de rassemblements, constituant un défi sans précédent à l'autorité de Pékin.

Durant la nuit du 1er juillet 2019, au 22e anniversaire de la rétrocession de Hong Kong à la Chine par le Royaume-Uni, des centaines de manifestants hostiles au gouvernement local pro-Pékin avaient attaqué l'hémicycle, le Conseil législatif (LegCo).

Après avoir forcé l'entrée gardée par la police, ils y avaient déployé le drapeau de l'époque coloniale britannique, brisé des vitres et couvert des murs de graffitis.

Au total, 14 personnes ont été inculpées d'émeutes, des faits passibles de dix ans de prison, et pour d'autres infractions mineures comme avoir pénétré dans l'hémicycle et commis des dégradations volontaires.

Douze d'entre elles ont été condamnées à des peines allant de six ans et demi à sept ans de prison pour émeutes. Ils bénéficieront de réductions de peines, notamment pour avoir plaidé coupable et pour raisons médicales et passeront de 54 à 82 mois en détention.

Deux ex-journalistes, faisant partie des 12 personnes jugées, ont été reconnus coupables d'avoir participé à des émeutes et condamnés à une amende de 1.500 dollars de Hong Kong (180 euros) pour avoir "pénétré ou séjourné dans la salle du Conseil législatif".

Le juge adjoint Li Chi-ho à la Cour de district a souligné samedi la portée symbolique de cette prise d'assaut du parlement et ses "effets durables" sur la société.

"Outre les dommages réels causés au bâtiment, l'assaut a eu une portée symbolique... (qui) consistait à défier le gouvernement de Hong Kong et même à affaiblir sa gouvernance", a affirmé Li Chi-ho.

Selon lui, les accusés ont commis des actes "insultants et provocateurs", en déchirant des exemplaires de la loi fondamentale, une mini-constitution qui régit la ville.

En quittant la salle d'audience, les accusés ont salué l'assistance et beaucoup de leurs proches et sympathisants étaient en larmes.

Quelques jours plus tôt, certains accusés qui avaient plaidé coupable avaient prononcé des discours provocateurs dans la salle d'audience.

"Le véritable crime commis par les manifestants est la poursuite de la démocratie, de la liberté de pensée et du libre arbitre", a déclaré Althea Suen, militante des droits de l'enfant et ancienne dirigeante étudiante.

Le militant Owen Chow, accusé de complot en vue de commettre un acte de subversion dans le cadre d'un autre procès relatif à la sécurité nationale, a affirmé qu'une "émeute est le langage de ceux qui ne sont pas entendus", citant le célèbre militant des droits civiques Martin Luther King Jr..

Plus de 10.000 personnes ont été arrêtées dans le cadre des efforts des autorités pour étouffer le mouvement pro-démocratie.

En 2020, Pékin a imposé à Hong Kong une loi draconienne sur la sécurité nationale qui a criminalisé la majeure partie de la dissidence et écrasé le mouvement.

su-hol/juf/am