Honduras: nouveaux appels à la démission du président Hernandez

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Plus d'une trentaine d'organisations de la société civile au Honduras ont réclamé ce lundi 5 avril le « départ immédiat » du président Juan Orlando Hernandez, accusé d'avoir transformé le pays en un « narco-État ». Le frère du président a été condamné pour trafic de drogues aux États-Unis fin mars.

Les signataires du texte ont également appelé au départ « du président du Congrès, du président de la Cour suprême de justice et du procureur général de la République », rapporte l'Agence France-presse. Ils demandent la mise en place d'un gouvernement de transition pour organiser les élections générales du 28 novembre.

« Nous sommes témoins de la destruction de l'État de droit et de la construction d'une dictature [...] qui est devenue un narco-État », affirme le communiqué.

La déclaration est signée par 36 organisations, dont Caritas de l'Église catholique, le Comité des proches des personnes détenues disparues au Honduras (Cofadeh) et la Confédération unitaire des travailleurs honduriens (Cuth).

Fin février, le Conseil national anticorruption avait déjà exigé la démission du président et lui avait demandé de se soumettre à la justice en raison de ses liens présumés avec le narcotrafic. Dans une lettre ouverte, la présidente du Conseil Gabriela Castellanos avait demandé au président de se démettre. En février également, un groupe de députés avait formulé la même demande sur la base des mêmes accusations de narcotrafic.

Condamnation du frère du président aux États-Unis

La condamnation du frère du président, la semaine dernière, par un tribunal fédéral américain apporte de l'eau au moulin de ses détracteurs. L'ex-député Tony Hernandez, 42 ans, a été condamné à la réclusion à perpétuité, le tribunal le tenant responsable d'avoir expédié quelque 185 tonnes de cocaïne aux États-Unis. En octobre 2019, après deux semaines de procès à New York, il avait été jugé coupable de trafic de drogue -- trafic pour lequel il avait la protection de son frère, selon les procureurs américains --, faux témoignage et possession d'armes à feu.

Le juge Kevin Castel a estimé que la prison à vie, assortie de restitutions et confiscations équivalentes à 138,5 millions de dollars, était « pleinement méritée », plutôt que la peine minimale de 40 ans de prison pour laquelle avait plaidé sa défense.

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Le président Hernandez a rejeté les accusations et a critiqué les tribunaux américains pour s'être fondés, selon lui, sur des témoignages d'anciens chefs du trafic de drogue persécutés par le gouvernement hondurien et cherchant à se venger. Pourtant, le procureur fédéral Matthew Laroche a insisté lors de l'audience sur les liens entre l'accusé et le chef de l'État hondurien. Il a déclaré que Tony Hernandez avait conspiré avec « des alliés puissants », dont « son frère, le président », pour faire du Honduras un « narco-État virtuel ».