HONDURAS L’écologiste Berta Cáceres, icône post-mortem

Libération.fr

Un an après son assassinat, la militante est devenue en Amérique latine un symbole au confluent des luttes pour l’environnement, les femmes et les autochtones.

Elle avait alerté avoir été menacée de mort trente-trois fois, mais dans la nuit du 2 au 3 mars 2016, personne ne protégeait Berta Cáceres Flores, 42 ans. Cette activiste pour le respect de l’environnement et les droits des communautés autochtones avait pourtant quitté quelques semaines auparavant sa maison de La Esperanza, la ville où elle était née, pour une résidence sécurisée par des grilles. Elles n’ont pas empêché un commando de quatre hommes de pénétrer chez elle peu avant minuit et de l’abattre. Gustavo Castro, un militant mexicain venu du Chiapas, qui dormait dans une autre chambre, a été atteint par des tirs. Laissé pour mort, il n’était que légèrement blessé et a pu apporter un témoignage précieux. Berta Cáceres, qui avait reçu en 2015 le prestigieux prix Goldman, le «Nobel vert» attribué à des défenseurs de l’environnement, était la figure de proue du combat contre le complexe hydroélectrique d’Agua Zarca, soit quatre barrages à construire sur le fleuve Gualcarque. Un chantier de la compagnie hondurienne Desa, en partenariat avec le groupe chinois Sinohydro, et le soutien de la Banque mondiale.

Fleuve sacré

Aucune concertation n’a eu lieu avec les habitants de la région, majoritairement le peuple lenca auquel appartenait Berta Cáceres. Dans la cosmogonie lenca, le cours d’eau est sacré, mais il est aussi vital à la survie quotidienne de centaines de familles qui en dépendent pour se laver et cuisiner. La mort de l’activiste a rappelé à la planète l’existence d’un petit pays de 9 millions d’habitants, qui concourt avec son voisin la république du Salvador au titre d’Etat le plus violent de la planète. En 2010, le taux d’homicides était de 92 pour 100 000 personnes, une hécatombe propre à un pays en guerre. Le chiffre est descendu à 59 en 2016. La grande majorité de ces morts violentes sont liées aux (...)

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