Honduras: Felix Vasquez, défenseur de l'environnement et des indigènes, assassiné

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Au Honduras, un défenseur de l'environnement et des droits des indigènes a encore été assassiné ce week-end à son domicile. En tout, au moins 20 militants écologistes ont été tués dans ce pays d'Amérique centrale depuis 2015.

Felix Vasquez était membre de l'ethnie Lenca, comme Berta Caceres, une autre militante écologiste tuée en 2016. Comme elle, le septuagénaire luttait pour les droits des indigènes au Honduras : droits à des services publics de base, droits à la terre et à l'eau également. Ces dernières années, il s'opposait notamment à des projets hydroélectriques autorisés sans consultation des populations. Ce combat dérangeait.

En 2017, Felix Vasquez avait déjà porté plainte pour persécution politique. Il se disait victime de menace, de harcèlement permanent de la part de soldats, de policiers mais aussi de paramilitaires cherchant à protéger les intérêts des grands propriétaires terriens et des groupes miniers dans le département de La Paz, au nord-ouest de la capitale Tegucigalpa.

Mise en accusation de l’État hondurien

C'est là que vivait ce défenseur de l'environnement. Dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 décembre, plusieurs hommes encagoulés ont fait irruption chez lui et l'ont abattu devant sa famille. Certains pointent du doigt la responsabilité de l’État hondurien, à l’instar de la Coalition contre l’impunité. L'organisation accuse les autorités de n’avoir rien fait pour protéger Felix Vasquez, qui avait présenté sa candidature aux législatives de novembre prochain.

Comme plusieurs organisations locales de défense des droits l'homme, le leader indigène Salvador Zuñiga, issu de la même ethnie et époux de Berta Caceres, dénonce la responsabilité de l'État hondurien. « Il est difficile de faire face à ces immenses pouvoirs qui nous imposent un modèle économique fondé sur l'exploitation massive des ressources naturelles et l'industrie minière, avec le soutien de l'armée, explique-t-il. Il est difficile d'affronter un gouvernement dirigé par des groupes criminels liés au narcotrafic. Le nom de notre camarade Felix Vasquez s'ajoute à la liste énorme des personnes assassinées par l'armée, la police, le régime et les groupes paramilitaires » .

Salvador Zuñiga rappelé que l'assassinat de Felix Vasquez a été précédé par un grand combat pour « éviter que les exploitants de bois liés à ce modèle extractiviste, aux barrages hydrauliques imposés par ce mauvais gouvernement, ne continuent à détruire la forêt. Devant la mobilisation de la population lenca du département de La Paz, ils ont voulu faire un exemple ».