Homophobie : «Soit je reste ici et ils me tuent, soit je tente le tout pour le tout»

Libération.fr

Il est 22 h 30, vendredi 3 mars, quand Zak Ostmane, algérien réfugié en France depuis trois ans, sort boire un verre au Polikarpov Bar dans le premier arrondissement de Marseille. Membre fondateur de l’association Shams, qui vient en aide aux jeunes LGBTI maghrébins, cet homme de 35 ans a pour habitude d’être méfiant lorsqu’il sort. Persona non grata en Algérie pour son engagement en faveur de la dépénalisation de l’homosexualité, il est toujours prudent, même dans le pays du mariage pour tous.

Une gorgée dans son verre, resté posé sur une table, le fait pourtant perdre toute conscience, raconte-t-il à Libération ; il pense avoir été drogué au GHB un puissant sédatif. Deux hommes l’emmènent dans une chambre d’hôtel sans qu’il puisse réagir. Après lui avoir proposé de la bière et de la coke, que Zak refuse, ses deux agresseurs présumés lui assènent des «coups sur le visage», avant de le violer sur le rebord du lit. «Les coups s’enchaînent, je ne comprends pas ce qu’il m’arrive. Les deux hommes, qui ne parlaient pas bien français, me demandent d’aller me laver, et à mon retour, ils recommencent.» Ils lui disent être des militaires de la légion étrangère, l’un anglais, l’autre américain. De minuit à 5 heures du matin, ils le dépouillent : Carte bleue, iPhone 6+, chaîne en or. Mais ils ne s’arrêtent pas là : «Ils m’attachent à une chaise avec un drap, avant de me passer à tabac», raconte-t-il. Ils le maintiennent ligoté, sortent un couteau de survie et le pointent sous sa gorge : «Si tu ne te tais pas, je te tue.»

La journée du samedi est tout aussi longue, mais plus calme pour Zak. Il les supplie de le laisser partir. En vain. Les deux hommes le retiennent dans la chambre d’hôtel, cette fois-ci sans violence, jusqu’au dimanche matin. Vers midi, il aperçoit une voiture de police municipale à travers la fenêtre, l’un de ses ravisseurs dort encore, l’autre est parti dans une chambre voisine. «A ce moment-là, on se croirait dans un film de psychopathes, mais je me suis dit (...)

Lire la suite sur Liberation.fr

-8%
Pierre Bouteiller, voix off
Justice Cinq ans requis contre un policier
Tabac Nouvelle hausse des taxes
Jihad Un proche des Kouachi condamné

En utilisant Yahoo vous acceptez les cookies de Yahoo/ses partenaires aux fins de personnalisation et autres usages