Un homme condamné à 20 ans de prison à Versailles pour un féminicide

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Un homme condamné à 20 ans de prison à Versailles pour un féminicide (AFP/Jacques Demarthon)

Anicet Polion, un gardien d'immeuble de 53 ans, a été condamné vendredi à Versailles à 20 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de son ex-compagne, tuée à coups de couteau en 2019.

La cour d'assises des Yvelines a ainsi en grande partie suivi les réquisitions de l'avocat général Marc Cimamonti, qui avait demandé une peine de 22 ans, ajoutant vendredi matin que "20 ans de réclusion est un socle minimal" pour meurtre sur conjointe ou ex.

Malgré "l'amnésie de sauvegarde" d'Anicet Polion sur les faits lors de son interrogatoire mercredi, "la volonté de donner la mort est délibérée", avait-il lancé lors de ses réquisitions.

A l'énoncé du verdict vendredi soir, l'accusé n'a pas réagi.

Ainsi qu'il l'a reconnu pendant l'enquête, Anicet Polion, visage fin et barbe grisonnante, a poignardé son ex-compagne Natacha au matin du 1er octobre 2019 à proximité de la crèche où elle travaillait à Marly-le-Roi, une banlieue pavillonnaire de l'ouest parisien, avant de tenter de se donner la mort.

Leur relation débute en 2014, et à partir de 2017, "il s'enfonce dans la dépression" en raison de cette relation, de ses hauts et de ses bas, a expliqué son avocate Me Morgane le Hir. "Natacha, elle va devenir son seul étayage" ajoute le conseil, "sans elle, il n'existe pas."

"Je suis devenu jaloux et possessif avec Natacha," avait-il reconnu mardi, lors de son interrogatoire de personnalité.

L'autopsie de la victime avait relevé neuf plaies par arme blanche, deux mortelles dont une dans le cœur de la femme de 38 ans, mère de deux enfants issus d'autres pères. Tous sont originaires de Guadeloupe.

Lors de son interrogatoire sur les faits, mercredi, il n'a pas contesté le crime mais a invoqué un trou de mémoire. "La scène est tellement violente," juge son avocate, que "pour se lever le matin, il ne peut pas s'en rappeler, il n'a pas la force de s'en rappeler."

Les parties civiles ont utilisé le terme de féminicide, un choix lexical absent des réquisitions et rejeté par la défense, car il "n'existe pas dans le code pénal."

"On ne vous demande pas de juger le 112e féminicide de l'année 2019," a lancé aux jurés lors de sa plaidoirie Me le Hir, "on vous demande de juger lui, et seulement lui", désignant son client dans le box.

"Vous n'êtes pas dans un débat de société, vous êtes dans une cour d'assises", a ajouté l'avocate.

Elle a reconnu lors de sa plaidoirie "qu'il n'y a aucun doute sur l'auteur du meurtre sur Natacha", c'est bien son client, "cet homme de 53 ans bourré d'anxiolytiques qui passe ses journées à trier des livres dans la bibliothèque de (la prison de) Fresnes."

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