Les hommages affluent après l'annonce de la mort de Saëb Erakat

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Saëb Erakat, le négociateur palestinien en chef, est décédé ce mardi dans un hôpital de Jérusalem. Il avait 65 ans. Membre de nombreuses équipes de négociations palestiniennes depuis le début des années 1990, il était partisan d'une solution à deux États et de la négociation avec Israël. Il était devenu le principal responsable de la diplomatie palestinienne et depuis ce matin, les hommages affluent.

Avec notre correspondant à Jérusalem, Guilhem Delteil

Les hommages sont venus de tous les bords de la classe politique palestinienne. Le président Mahmoud Abbas, dont Saëb Erakat est resté proche jusqu'au bout, a dit « pleurer » la mort d'un « frère, d'un ami » et jugé que ce décès était « une perte immense pour la Palestine ». Mais le chef du mouvement rival Hamas a également appelé Mahmoud Abbas et a salué « les positions nationales » de Saëb Erakat et son « soutien à la cause palestinienne ».

Côté israélien, de nombreux responsables politiques du centre et de la gauche ont aussi salué sa mémoire. L'ancienne ministre des Affaires étrangères Tzipi Livni se dit « attristée » et évoque un homme qui a « dédié sa vie à son peuple ». « On se souviendra de Saëb Erakat comme quelqu'un qui a préféré la paix à la violence », a jugé pour sa part Amir Peretz, le chef du parti travailliste et ministre de l'Économie. Saëb Erakat « avait fait de la vision à deux Etats son projet de vie », note pour sa part le chef du parti de gauche Meretz, Nitzan Horowitz.

Réactions internationales

Les réactions internationales n'ont pas tardé non plus. « Vous êtes restés convaincu qu'Israël et Palestine peuvent vivre en paix, vous n'avez jamais abandonné les négociations », a écrit sur Twitter le coordinateur spécial des Nations unies pour le processus de paix, Nickolay Mladenov.

Même Jason Greenblatt l'ancien émissaire de Donald Trump pour le Proche-Orient, avec qui Saëb Erakat avait coupé les liens, a jugé que le diplomate palestinien « a essayé avec force de représenter son peuple ».

Qui pour lui succéder ?

Fervent partisan d'une solution à deux États et sa longue carière présente aujourd'hui un défi important à la direction palestinienne. « Parce qu'il a été en poste pendant plus de 25 ans, certaines personnes le tiennent pour responsable de l'échec du processus de paix. Bien sûr, il porte une part de responsabilité. Mais il ne peut pas être le seul. Cela dépasse son cas personnel. Ce que les gens n'ont pas aimé, c'est qu'il est resté en poste tout ce temps-là. Il aurait dû démissionner ou changer. Il aurait dû former quelqu'un à ses côtés. Il n'y avait pas d'équipe autour de lui », déplore Omar Shaban, directeur du groupe de réflexion PalThink.

« D'un côté, on ne peut pas lui reprocher l'échec du processus de paix mais de l'autre, il n'a pas composé d'équipe. Et je peux vous le dire, ça va être un problème, pousuit Omar Shaban. Je ne sais pas qui va le remplacer car il n'a pas de successeur. Bien sûr, Abbas va désigner quelqu'un d'autre. Mais qui va récupérer les dossiers, les archives et se souvenir des leçons tirées du passé ? »