Hollande fustige "l'ignorance" de Le Pen et pense qu'elle perdra

François Hollande (photo) a qualifié jeudi d'"utile", bien que "pénible à suivre" le débat télévisé de la veille entre les deux finalistes de l'élection présidentielle en France, Emmanuel Macron et Marine Le Pen. Le chef de l'Etat sortant, dont le mandat s'achève le 15 mai, était réticent à l'idée de ce duel, qui banalise selon lui l'extrême droite représentée par la présidente du Front national. /Photo prise le 3 mai 2017/REUTERS/Philippe Wojazer

PARIS (Reuters) - L'ignorance ne peut permettre de remporter l'élection présidentielle, a jugé jeudi François Hollande, fustigeant les propos de Marine Le Pen sur l'euro, à trois jours du second tour.

"L'euro est un des sujets de l'élection présidentielle, même si certains - je veux dire certaines - ne connaissent pas tout des mécanismes européens ou des questions monétaires", a ironisé le président français lors d'un discours à Alençon, dans l'Orne.

"Mais l'élection présidentielle n'est pas un concours, on ne demande pas d'avoir des connaissances et donc l'ignorance peut permettre d'être qualifié au second tour mais ne peut pas permettre d'être président de la République", a-t-il ajouté, en soulignant l'importance de l'euro pour l'économie française.

La candidate du Front national a répété lors du débat télévisé d'entre-deux-tours mercredi qu'elle voulait revenir au franc et expliqué qu'existerait en parallèle un euro "panier de monnaies" qui serait utilisé comme l'a été selon elle l'ECU.

"C'est n'importe quoi Mme Le Pen, ça n'a jamais existé", avait répliqué son adversaire Emmanuel Macron, favori du second tour dans les sondages.

"Votre bidouillage (...) n'a aucun sens, d'ailleurs il manifeste une impréparation crasse", avait-il ajouté.

François Hollande, dont le mandat s'achève le 15 mai, avait avant son discours qualifié d'"utile", bien que "pénible à suivre" le débat entre les deux finalistes.

Son entourage a fait savoir que le chef de l'Etat avait invité l'ensemble du gouvernement de Bernard Cazeneuve et tous les membres de son cabinet à l'Elysée dimanche pour suivre la soirée électorale du second tour.

Le président socialiste sortant était réticent à l'idée du duel télévisé de mercredi, qui banalise selon lui l'extrême droite représentée par la candidate du Front national.

"Le débat a été pénible à suivre mais il a été utile", a-t-il dit à des journalistes en marge de sa visite à Alençon.

La discussion de deux heures trente, qui a souvent tourné au pugilat, a permis de démontrer selon lui le "projet non seulement incohérent mais dangereux de Marine Le Pen", qui aura des "conséquences pour l'Europe et la France", et sera "pour la France un déclassement".

"Les masques sont tombés. Il est toujours nécessaire d'aller au bout d'une discussion. Les Français sont maintenant éclairés sur les projets des deux candidats", a insisté le président.

(Elizabeth Pineau et Jean-Baptiste Vey, édité par Yves Clarisse)

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