“Hit the Road” de Panah Panahi, un irrésistible road-movie iranien

“Hit the Road” de Panah Panahi, un irrésistible road-movie iranien
Photo Pyramide Films

RADIO FARDA Comment avez-vous choisi les personnages de votre film ? Nous ne savons rien de leur vie et de leur passé, nous les découvrons à travers leurs actions et réactions au cours du voyage.

PANAH PANAHI Je ne leur ai même pas donné de nom de famille. J’ai essayé d’enlever le moindre indice qui permettrait de les rattacher à une classe sociale donnée, ou à un type de personnage en particulier. Surtout, je ne dis rien de leurs origines car je voulais que chaque spectateur, iranien ou non, puisse s’identifier à eux, comme s’ils étaient un croquis dont chacun pouvait inventer l’histoire à sa guise.

J’ai conçu cette famille en m’inspirant des gens qui m’entourent. Mais ce que je n’avais pas remarqué au moment de réaliser ce film, c’est que tous ces personnages [le père (joué par Hassan Madjouni), la mère (Pantea Panahiha) et leurs deux fils (Amin Simiar et Rayan Sarlak)] font partie de moi. Comme si j’avais divisé mon existence en quatre et que j’avais mis de moi dans ces quatre personnages. Ainsi, le petit frère incarne la joie et l’enthousiasme pour la vie qui étaient les miens quand j’étais enfant.

Si un jour vous devez quitter l’Iran [à cause de la répression et de la censure], pensez-vous que vous pourrez continuer à faire du cinéma ?

Je ne peux pas faire de films en dehors de mon pays, car j’ai vécu en Iran jusqu’à aujourd’hui, et je connais les Iraniens, les relations qu’ils nouent entre eux, les vies qu’ils mènent. C’est un matériau que je peux utiliser. Mais je n’ai aucune idée de comment on vit en dehors de l’Iran. Je ne sais pas quelles relations entretiennent les gens, je n’ai aucune idée de comment on salue le voisin qu’on croise devant chez soi, ce qu’on dit en entrant dans un magasin. C’est pourquoi je ne pense pas pouvoir tourner un film crédible et vraisemblable en dehors de l’Iran.

Espérez-vous que Hit the Road soit diffusé en Iran ? Ou votre objectif était-il de tourner pour le public étranger ?

Je voulais avant tout, avec ce premier long-métrage, montrer mon talent et mes compétences. Je ne sais pas si ce film sera autorisé à être projeté en Iran ou non. Quand j’en ai parlé avec mon père [le réalisateur dissident Jafar Panahi], il m’a conseillé de procéder étape par étape. D’abord tourner le film [ce qui implique déjà d’obtenir de premières autorisations], ensuite s’inquiéter de sa diffusion.

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