Histoire des sciences : l'éther, substance à tout faire

Le fluide censé emplir l'Univers a pris toutes les formes possibles au fil des siècles. Mais malgré l'imagination débordante des alchimistes et des scientifiques qui l'ont traqué, l'idée a fini par être abandonnée. Pour toujours ?

Cet article est issu du magazine Les Indispensables de Sciences et Avenir n°209 daté avril/ juin 2022.

"On inventa des éthers pour faire nager les planètes, pour constituer des atmosphères électriques et des effluves magnétiques, pour transmettre des sensations d’une partie de notre corps à une autre, et ainsi de suite, jusqu’à ce que tout l’espace ait été rempli trois ou quatre fois d’éthers… Le seul éther qui a survécu est celui inventé par Huygens pour expliquer la propagation de la lumière." C’est ainsi que James Maxwell, le père des ondes électromagnétiques, évoque, dans l’Encyclopedia britannica de 1878, cette substance mystérieuse, cette chimère qui obséda physiciens et ésotéristes pendant des siècles et qui, à ce moment-là, est toute proche d’être rejetée par la science.

C'est la lumière qui, bien avant l'avènement de l'astronomie multi-messagers, a permis, peu à peu, de soulever le voile qui nous masque les invisibles de l’Univers. D’abord à l’œil nu, puis à partir de 1608 avec la lunette de l’opticien néerlandais Hans Lipperhey, améliorée dès 1609 par Galilée, avant qu’une incroyable épopée techno-scientifique ne conduise aux instruments du 21e siècle. Mais comment expliquer que la lumière se propage ? Pendant des millénaires, il parut inconcevable que ce "quelque chose" puisse traverser l’espace sans support matériel. Ce milieu inconnu, les Anciens l’avaient baptisé éther.

Chez les Grecs, il emplissait le ciel des dieux du Panthéon. C’est "la forme la plus pure d’air", écrira Platon, quelques années avant qu’Aristote ne le désigne comme cinquième élément, corps qui n’existe que dans la sphère céleste et complète les composantes plus concrètes de l’Univers : le feu, l’eau, l’air et la terre. Substance parfaite, immuable et éternelle, l’éther inspire les alchimistes occidentaux à partir du 12e siècle, quand les textes grecs sont traduits en latin : cette essence "divine" ou quintessence serait enfermée en toute chose, estiment-ils. La libérer permettrait de[...]

Lire la suite sur sciencesetavenir.fr

A lire aussi

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles