Histoire : retour sur l'épidémie foudroyante de grippe espagnole

En 1918, la mort a pris deux visages, celui de la guerre, et celui invisible d'une maladie baptisée à tort la grippe espagnole. Le virus n'a rien d'espagnol, mais l'Espagne est le seul pays à informer sa population, car il n'est pas en guerre. Les nations combattantes se taisent. "Il y a une censure très importante qui fait que personne n'est au courant de cette épidémie. Pourtant, aussi bien dans les troupes allemandes que dans les troupes françaises, américaines ou canadiennes, les soldats souffrent de la grippe", explique le Dr Bruno Halioua, auteur du livre Histoire de la médecine. Un premier foyer épidémique aux États-Unis Cette épidémie d'origine aviaire est en réalité partie des États-Unis. Les premières descriptions du virus ont été faites par un médecin de Haskell, dans l’État du Kansas. Début 1918, des dizaines de fermiers présentent de fortes fièvres et des courbatures. Le médecin s'étonne que de jeunes et solides gaillards soient fauchés par la maladie, qui emporte généralement les personnes âgées et les nourrissons. Cette fois-ci, ce sont les jeunes adultes (20-40 ans) qui vont mourir en masse.