Non, des hindous n’ont pas jeté des idoles au motif qu’elles ne protégeraient pas du Covid-19

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Mi-mai, un extrait de journal télévisé iranien a largement circulé sur les réseaux sociaux, prétendant montrer des hindous abandonnant en masse leur religion et jetant leurs idoles, soi-disant car elles se seraient avérées inutiles face à la propagation du Covid-19 qui frappe durement l’Inde. Si la vidéo, en anglais, a toutes les apparences du sérieux journalistique, elle montre en fait des images anciennes, filmées avant la pandémie.

Sur les images diffusées par la chaîne iranienne Shia Waves et reprises sur les réseaux sociaux à partir du 11 mai, on voit des dizaines d’idoles hindoues ramassées à la pelleteuse et, dans un autre segment vidéo, une idole de grande taille jetée dans une rivière depuis un camion.

En commentant ces images, le présentateur affirme qu’un "grand nombre d’Indiens ont jeté dans la rue les idoles des dieux qu’ils vénèrent, alors que le nombre de cas de coronavirus et de morts explose dans le pays […], ces idoles ne les ayant pas protégés du coronavirus".

Or, grâce à une recherche d’image inversée (voir ici comment procéder), on retrouve les images de la pelleteuse dans une publication en hindi datée du 14 septembre 2019, soit trois mois avant la première détection du virus à Wuhan, en Chine.

Comme le détaille le média India Today, ces images montrent des idoles de la déesse hindoue Dashama déposées sur la digue d’une rivière à Ahmedabad (nord-ouest) en août 2019. Dans le passé, ce type d’idoles était jeté dans un cours d’eau comme un lac ou une rivière mais le rite a évolué ces dernières années pour éviter de polluer.

Un changement dont s’est réjoui l’élu Vijay Nehra dans ce tweet montrant des photos de la digue.

En réponse à son tweet, un journaliste local a publié la vidéo qui sera ensuite détournée par le média iranien.

Les images de la grande idole jetée dans une rivière depuis un camion sont quant à elles présentes sur Internet depuis l’année 2015 (voir ici et ici). Si nous n'avons pas pu établir avec précision dans quel contexte elles ont été tournées, il est clair qu’elles n’ont rien à voir avec la pandémie de Covid-19. Par ailleurs, elles ne semblent pas montrer un signe de rejet des divinités mais plutôt un exemple de rite traditionnel lors duquel des idoles sont mises à l’eau.

Conclusion

Les images diffusées par le média iranien Shia Waves n’ont rien à voir avec la pandémie de Covid-19 qui touche l’Inde et ne montrent pas un rejet des divinités hindoues mais plutôt des rites traditionnels leur faisant honneur.

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