Hervé le Tellier : "Je déteste l’esprit de sérieux"

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"Marianne" a rencontré le dernier Prix Goncourt dont le jury, dans un mélange inattendu d'audace et de lucidité, a récompensé "L’Anomalie", roman construit comme une tresse à 11 brins.

L’Anomalie ou le vertige du double. 11 biographies croisées, dont l’auteur narre des fragments significatifs. 11 survivants d’une catastrophe qui n’a pas eu lieu, le Boeing du Paris / New York a fini par échapper au plus méchant des cumulo-nimbus jamais nés sur l’Atlantique Nord. Posé, tout endolori de grêle, sur le tarmac de Kennedy Airport. Au mois de mars. Et demandant à nouveau, en juin, l’autorisation de mise en approche. Le même. Avec les mêmes passagers.On a envie de parodier Pierrot le Fou. « Il y a 11 élus, comme dans un roman de Pierre Michon », « Il y a une histoire de doubles, comme dans un conte d’Edgar Poe », « Il y a un tueur professionnel, comme chez Dashiell Hammett »… Et il y a un membre de l’Oulipo qui vient de décrocher le Goncourt, comme dans un roman d’Hervé Le Tellier, où l’un des passagers, Victor Miesel, écrivain qui n’a pas eu, jusqu’ici, à résister au succès, a justement écrit l’Anomalie. À moins que ce ne soit Victør… À quoi tient une identité double ?Marianne : Pourquoi 11 passagers témoins ? Parce que c’est un chiffre premier, parce que méthodologiquement il vous arrangeait, parce que vous n’avez pas trouvé davantage d’hypostases ?Hervé le Tellier : J’avais d’autres options, il est vrai. Je me suis « limité » à neuf doubles, Sophia, Adrianna, Slimboy,...

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