Henri Vever, joyaux fin-de-siècle

Libération.fr

Un passionnant portrait de ce bijoutier parisien, mondain et curieux, dont les carnets montrent l’intérêt pour le style Art nouveau.

Moins célèbre que René Lalique ou Siegfried Bing, Henri Vever, «le joaillier parisien bien connu», comme l’écrit le Figaro en janvier 1898, fut pourtant l’une des grandes figures de l’Art nouveau, à la fois créateur, collectionneur et auteur d’un livre de référence sur la Bijouterie française au XIXe siècle. Amateur des impressionnistes, il fut aussi l’un des principaux promoteurs du japonisme en France. Ses propres créations, primées lors des Expositions internationales (à Moscou en 1891, Chicago en 1893, Bruxelles en 1897), firent de lui un des acteurs phares de la vie artistique du temps, membre de dizaines de cercles ou de sociétés, et l’un des ordonnateurs de l’Expo parisienne de 1900. Vever dessinait, bien sûr, mais il écrivit aussi beaucoup, des carnets et des notes journalières qui sont aujourd’hui déposés à la Freer Gallery of Art et au Smithsonian Institut de Washington, où les a retrouvés l’historienne américaine Willa Silverman. Le passionnant volume qu’elle publie aujourd’hui retrace une année clé de la vie du bijoutier - 1898 -, où se dévoile toute l’intimité d’un notable de l’art fin-de-siècle.

Plan de table. Lorsque s’ouvre cette année, Henri Vever a 44 ans et affiche une immense satisfaction. «Pour mes étrennes, je viens d’être décoré», fanfaronne-t-il. On est frappé de l’extrême importance que revêt cette «boutonnière rougissante» : lettres, cartes, cadeaux et visites de félicitations, bientôt suivis du même train de remerciements. Car Vever est un mondain, représentant de cette «classe de loisir» que le sociologue Thorstein Veblen théorise cette même année, et ses carnets abondent de notations sur ce qu’est le high life parisien. Des dîners en ville presque tous les soirs, parfois si somptueux qu’il ne peut s’empêcher de noter le menu ou le plan de table. Des spectacles à foison : il va applaudir deux fois le Cyrano (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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