Le plus haut panache volcanique a atteint la mésosphère

Simon Proud / Uni Oxford, RALSpace NCEO / Japan Meteorological Agency

L'éruption du volcan Hunga Tonga, en janvier 2022, a été l'une des plus puissantes jamais observées. De nouvelles données le confirment.

Le 15 janvier 2022, le volcan sous-marin Hunga Tonga entrait en éruption et générait de fortes explosions, entendues jusqu'en Alaska. Il s'ensuivait des tsunamis dévastateurs qui ont fait plusieurs morts et des milliers de sans-abris. La puissance de l'éruption a été mesurée par la Nasa et estimée à entre 5 et 30 mégatonnes, soit une quantité d'énergie libérée supérieure à celle de la bombe atomique qui a frappé Hiroshima en 1945 ! Plusieurs satellites ont pu observer le volcan et de nouvelles données publiées dans la revue Science, par l'Université d'Oxford, confirment que l'éruption était vraiment exceptionnelle.

Jusqu'à la mésosphère

La colère du Hunga Tonga a généré une imposante colonne de cendres et d'eau qui a atteint l'atmosphère. Normalement, la hauteur d'un panache volcanique peut être estimée en mesurant la température enregistrée au sommet par des satellites infrarouges et en la comparant à un profil vertical de température qui constitue une référence. En effet, dans la troposphère (la première et la plus basse couche de l'atmosphère terrestre), la température diminue avec l'altitude. Mais en cas de forte éruption, la colonne de débris peut atteindre la couche suivante, la stratosphère, ce qui complique un peu les choses : en raison de la couche d'ozone qui y absorbe les rayons ultraviolets du soleil, la température recommence à augmenter, naturellement, avec l'altitude. Les mesures deviennent donc bien moins exactes.

Pour surmonter ce problème, les chercheurs ont utilisé une nouvelle méthode basée sur l'effet de parallaxe. Il s'agit de mesurer la différence apparente dans la position d'un objet lorsqu'il est vu à partir de plusieurs lignes de visée. En mesurant ce changement apparent de position et en le combinant avec la distance connue entre les observateurs, il est possible de calculer la distance de l'objet. Or, le volcan était couvert par trois satellites météorologiques géostationnaires au moment de l'éruption, de sorte que les chercheurs ont pu [...]

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