Haut-Karabakh: des soupçons d'exactions à l'encontre de prisonniers de guerre

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Plus d’un mois après la fin des affrontements entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan pour le contrôle du Haut-Karabakh, des vidéos d’exécutions de prisonniers de guerre et de civils continuent à circuler sur les réseaux sociaux.

Sur ces images très partagées sur le réseau Télégram, deux villageois arméniens sont décapités par des soldats azerbaïdjanais. Des vidéos atroces et sanglantes comme celles-ci, Siranush Sahakyan, une avocat arménienne, en a vu des centaines de fois.

Son but est d’identifier les victimes et chaque minute compte. « Certaines victimes dans les vidéos sont toujours en vie et sont en otage. Leur vie est sous une menace imminente. C’est pour ça qu’on n’a pas de temps à perdre à identifier les auteurs des crimes. On se penchera sur ça plus tard », explique-t-elle. Avec l’aide d’un confrère, elle analyse des centaines de vidéos macabres dans le but d’identifier les victimes et de préparer une enquête contre les auteurs de ces crimes devant la Cour européenne des droits de l’homme.

Alors que cette semaine, les deux pays ont échangé des prisonniers de guerre, Siranush Sahakyan dit poursuivre 75 cas de soldats et de civils captifs. 35 d’entre eux ont été identifiés grâce aux vidéos qu’elle reçoit de la part des proches des victimes.

« Certaines vidéos, on doit les regarder pas seulement une fois, mais des dizaines de fois. Chaque détail compte. On analyse les rochers, les drapeaux, tout pour comprendre où et quand c’est arrivé. Émotionnellement c’est très difficile et ça m’affecte beaucoup », confie-t-elle.

Pour le moment, l’ONG Amnesty International déclare avoir authentifié douze vidéos montrant des exactions commises par les forces arméniennes, et dix commises par l'armée azerbaïdjanaise.