Haut-Karabakh : « Les Russes sont les grands vainqueurs »

Propos recueillis par Marc Nexon
·1 min de lecture
Vladimir Poutine en conversation avec les présidents arménien et azerbaïdjanais le 10 novembre 2020.
Vladimir Poutine en conversation avec les présidents arménien et azerbaïdjanais le 10 novembre 2020.

Le conflit du Haut-Karabakh a duré six semaines. Il aura été l'été le plus meurtrier depuis celui des années 1990, avec probablement des milliers de morts dans chaque camp. Il s'achève par une défaite militaire de l'Arménie face à l'Azerbaïdjan et la conclusion d'un accord sur la fin des hostilités, sous l'égide de Moscou.

L'Azerbaïdjan récupère sept districts perdus lors de la première guerre ainsi que la ville de Choucha (Chouchi pour les Arméniens). Un lieu stratégique situé entre l'Arménie et Stepanakert, la capitale du Haut-Karabakh. De son côté, l'Arménie sauve l'essentiel : le corridor de Latchin la reliant au Haut-Karabakh et, surtout, l'enclave elle-même, dont le statut reste à définir.

La Russie, elle, s'engage à envoyer 2 000 hommes sur la ligne de contact afin d'y garantir la paix. Si le dénouement est accueilli avec enthousiasme à Bakou et chez son allié turc, il crée de sérieuses tensions à Erevan. À l'annonce de la signature de l'accord, des manifestants ont envahi le Parlement et le siège du gouvernement.

Gaïdz Minassian, enseignant à Sciences Po et spécialiste du Caucase, décrypte les conséquences de cet accord de cessez-le-feu total.

Lire aussi EXCLUSIF. Haut-Karabakh : la vidéo qui prouve l'utilisation d'armes au phosphore

Le Point : Est-ce une victoire totale pour l'Azerbaïdjan ?

Gaïdz Minassian : C'est une victoire militaire de l'Azerbaïdjan, mais je serai plus prudent sur l'idée d'une victoire politique. Car Bakou se retrouve avec un Karaba [...] Lire la suite