Haut-Karabakh: Nikol Pachinian exclut toute «solution diplomatique» au conflit

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Malgré les efforts en cours pour résoudre le conflit entre l'Arménie et l'Azerbaïdjan au Haut-Karabakh par la diplomatie, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a douché les espoirs d'une issue positive au conflit.

Le président arménien Armen Sarkissian a rencontré à Bruxelles le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell et le président du Conseil européen Charles Michel, ainsi que le secrétaire général de l'Otan Jens Stoltenberg. Les ministres des Affaires étrangères arménien et azerbaïdjanais rencontreront séparément vendredi le chef de la diplomatie américaine, Mike Pompeo. Mais dans un discours à la nation, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a exclu ce mercredi toute « solution diplomatique » au conflit.

Faut-il y voir une réponse aux propos du président azerbaïdjanais Ilham Aliev qui, il y a quatre jours, avait qualifié le Haut-Karabakh et l'Arménie tour à tour de « chiens, fascistes et bêtes sauvages » ? Sur Facebook, Nikol Pachinian a en tout cas douché les espoirs d’une issue positive aux négociations. « La question du Karabakh, en ce moment et pour encore longtemps, ne peut avoir de solution diplomatique », a-t-il délaré.

Le chef du gouvernement arménien sonne même la mobilisation avec un appel solennel à tous « les dirigeants des villes, des districts, des villages, des partis politiques, des organisations civiles, des cercles des affaires à organiser des unités de volontaires ».

Bakou prend le dessus sur le terrain

Cet appel aux troupes pour combattre aux côtés des soldats du Haut-Karabakh survient près de quatre semaines après le premier. Le signe peut-être que les pertes sont lourdes sur le front et que les Arméniens perdent du terrain.

En quatre semaines de conflit, les forces azerbaïdjanaises ont conquis des territoires perdus dans les années 1990. Ce mercredi, le président Ilham Aliyev a annoncé la prise de 22 nouvelles localités, qui sont en fait des villages abandonnés, rapporte notre correspondant à Mingachevir, Emmanuel Grynszpan. Le triomphalisme du pouvoir doit donc être tempéré par une vérification des faits.

Cependant, il est clair que l'armée azerbaïdjanaise pousse son avantage numérique et technologique pour prendre à revers les forces arméniennes. L'objectif tactique est de couper la seule voie de ravitaillement du Haut-Karabakh, qui sera bientot à portée de l'artillerie azerbaidjanaise.

Fort de son avancée sur le terrain, Bakou insiste sur ses demandes et veut le Haut-Karabakh dans son giron, la démilitarisation totale de la zone et même le retour des populations azéries dans la petite enclave. Soit l'Arménie parvient à bloquer l'offensive, soit le réglement du conflit reprendra sur des bases entièrement nouvelles.