Haut-Karabakh: les manifestants arméniens réclament de nouveau la démission de Pachinian

L'opposition arménienne a annoncé ce lundi 2 mai le lancement d'un « mouvement de protestation de masse » pour obliger le Premier ministre Nikol Pachinian à démissionner, accusant ce dernier de vouloir céder l'ensemble de l'enclave séparatiste du Haut-Karabakh à l'Azerbaïdjan.

Quelque 5 000 personnes ont manifesté ce lundi à Erevan pour exiger la démission du Premier ministre arménien Nikol Pachinian, accusé par l'opposition de vouloir céder l'ensemble de l'enclave séparatiste du Haut-Karabakh à l'Azerbaïdjan. « Nous lançons un mouvement de protestation populaire pour obliger Pachinian à démissionner », a déclaré le vice-président du Parlement et dirigeant d'opposition Ichkhan Sagatelian. Les actions de « protestation ne s'arrêteront pas jusqu'à ce que Pachinian parte », a-t-il prévenu. « C'est un traître, il a menti au peuple », a-t-il encore dénoncé.

Le Haut-Karabakh, ce territoire peuplé par une majorité d'Arméniens que les deux pays se disputent depuis 30 ans, a fait l'objet en 2020 d'une guerre de six semaines ayant fait plus de 6 500 morts avant de se terminer par un cessez-le-feu négocié par la Russie. Dans le cadre de cet accord, l'Arménie a cédé des pans entiers de territoire qu'elle contrôlait depuis une première guerre victorieuse au début des années 1990. Aux termes de cet accord, une force de paix russe est déployée au Haut-Karabakh.

Des milliers de personnes dans la rue dimanche

En avril, le Premier ministre arménien avait déclaré devant le Parlement que « la communauté internationale appelle l'Arménie à réduire ses exigences sur le Haut-Karabakh », des propos que l'opposition avait dénoncés comme révélateurs d'une volonté de céder la totalité du territoire du Haut-Karabakh à l'Azerbaïdjan.

Des milliers de personnes avaient déjà manifesté dimanche dans la capitale arménienne pour mettre en garde le gouvernement contre toute concession à l'Azerbaïdjan. Les manifestants appelaient déjà à la démission de Nikol Pachinian et brandissaient des pancartes portant les mots « Karabakh » ou encore « Arménie sans Turcs », en référence aux Azerbaïdjanais turcophones.

L'accord de cessez-le-feu conclu sous l'égide de la Russie a été considéré comme une humiliation nationale en Arménie et a donné lieu à des semaines de manifestations anti-gouvernementales. En septembre, le parti de Nikol Pachinian, le Contrat civil, avait gagné les élections législatives anticipées convoquées à la suite de ces manifestations.

(Avec AFP)

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